Affaire Chéritel : Les trois militants CFDT relaxés

iconeExtrait de l’hebdo n°3779

Poursuivis en diffamation par Jean Chéritel, les trois militants CFDT – Marie-Jeanne Menier, Yannick Le Doussal et Jean-Luc Feillant – ont été relaxés jeudi 20 mai. Les juges ont reconnu leur bonne foi.

Par Jérôme Citron— Publié le 20/05/2021 à 14h43

Marie-Jeanne, Jean-Luc et Yannick, trois militants CFDT injustement accusés de diffamation ont été rexalés !
Marie-Jeanne, Jean-Luc et Yannick, trois militants CFDT injustement accusés de diffamation ont été rexalés !DR

C’est la fin du calvaire pour Marie-Jeanne, Yannick et Jean-Luc. Pour avoir dénoncé dans un tract les conditions de travail des employés bulgares dans l’entreprise Chéritel en 2017, ces trois militants CFDT étaient poursuivis en justice pour diffamation par le propriétaire, Jean Chéritel. Une expérience à la fois traumatisante et profondément injuste tant le travail de ces élus du personnel auprès des travailleurs détachés dans le secteur agricole en Bretagne était connu et reconnu.

"La dose d’exagération contenue dans le propos s’explique [...] en l’espèce, [du fait] que les prévenus s’exprimaient alors, de manière affichée et sans ambiguïté dans le cadre d’une action syndicale précise."

Jugement du tribunal judiciaire de Paris

Les juges ne s’y sont pas trompés. S’ils ont reconnu qu’il y avait bien diffamation dans le tract incriminé car les militants n’avaient pas de preuve suffisante pour pouvoir parler « d’esclavage moderne » ou « d’atteinte à la dignité humaine », ils les ont tout de même relaxés en reconnaissant leur bonne foi, l’absence d’animosité personnelle envers Jean Chéritel, et leur rôle en tant que militants syndicaux. « A travers ce tract, nous dénoncions un système. Nous ne nous attaquions pas à une personne », résume Jean-Luc Feillant, heureux et soulagé que toute cette histoire prenne fin et que son intégrité ait été reconnue. Le jugement, rendu jeudi 20 mai à Paris, est clair : « La dose d’exagération contenue dans le propos s’explique d’autant plus, en l’espèce, que les prévenus s’exprimaient alors, de manière affichée et sans ambiguïté dans le cadre d’une action syndicale précise. »