Agenda social autonome : trois thèmes de discussion arrêtés d’ici à l’été

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iconeExtrait de l’hebdo n°3771

Après une première rencontre au début mars, le patronat a transmis aux partenaires sociaux une proposition d’agenda séquencé courant sur 2021 et 2022.

Par Anne-Sophie Balle— Publié le 26/03/2021 à 13h31 et mis à jour le 27/03/2021 à 13h05

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© Hamilton/RÉA

Dense, la feuille de route actualisée de l’agenda social et économique paritaire vient d’être transmise par le Medef aux leaders syndicaux et patronaux, trois semaines après leur première rencontre. Née de la volonté de repenser le rôle de la démocratie sociale dans la vie démocratique du pays, d’une part, et d’observer la situation économique et sociale à moyen terme, d’autre part, la proposition d’un agenda économique et social autonome entre dans sa phase de concrétisation. « Ceux qui pariaient sur l’obsolescence du paritarisme en sont pour leurs frais ! », glisse Marylise Léon, secrétaire générale adjointe de la CFDT. N’en déplaise à la CGT, qui a choisi de boycotter l’ensemble des rencontres – au motif qu’elles ne correspondent pas aux analyses et priorités de la centrale de Montreuil.

La formation professionnelle, sujet majeur

1. Du 5 septembre 2018 relative à la liberté de choisir son avenir professionnel.

L’agenda comprend trois phases et court jusqu’en 2022. En haut de la pile, on retrouve la formation professionnelle, pour laquelle les partenaires sociaux ont fixé lors d'une recontre préliminaire (le 23 mars) un calendrier de travail. Celui-ci débutera le 9 avril et devrait se poursuivre à raison d’un rendez-vous hebdomadaire jusqu’en juin. Sur ce sujet hautement sensible, les mots ont été choisis avec soin, histoire de ne heurter personne. Il s’agit d’engager « une analyse de l’impact de la réforme1 en vue de proposer la négociation d’un accord destiné à développer des stratégies de maintien et de développement des compétences et qualifications », peut-on lire dans le relevé de conclusions transmis aux organisations. Une manière, aussi, de ne pas venir « concurrencer » les discussions relatives à la formation professionnelle inscrites à l’agenda social de l’exécutif – qui devrait davantage porter sur les questions de gouvernance.

Dans ce même laps de temps, les partenaires sociaux entreront dans la « phase 1 » de la modernisation du paritarisme, avec une évaluation de la mise en œuvre de l’accord national interprofessionnel (ANI) de 2012. Objectif : identifier les insuffisances éventuelle du texte et se garder la possibilité de rouvrir une phase de négociation pour parfaire les règles de fonctionnement et de gestion du paritarisme.

Le cas des “deuxièmes lignes”

Dans un second temps (dans le courant du second semestre), les partenaires sociaux ont convenu d’aborder la mobilité sociale dans le monde professionnel, notamment celle des salariés dits de la deuxième ligne, les dispositifs d’insertion pour les publics éloignés de l’emploi ou encore la transition énergétique dans l’entreprise. Sur ces différents points, des discussions tripartites sont en cours, que ce soit via la concertation sur les formes particulières d’emploi ou à travers la mise en œuvre du plan « Un jeune, une solution ». « Le but n’est pas de chevaucher les discussions mais bien d’apporter des réponses complémentaires », précise la CFDT.

À propos de l'auteur

Anne-Sophie Balle
Rédactrice en chef-adjointe de Syndicalisme Hebdo

Enfin, une troisième phase de discussions paritaires s’ouvrira en 2022 afin de traiter de la justice prud’homale ou encore de réfléchir à la mise en place d’un organisme paritaire de gestion de la branche AT-MP.