Assurance chômage : La réforme entre en vigueur le 1er novembre abonné

• Les premières mesures issues de la réforme de l’assurance-chômage (dont les conditions d’entrée, le rechargement des droits et la dégressivité des hauts revenus) s’appliquent au 1er novembre.
• La baisse de droits va toucher 1,3 million de personnes, soit un chômeur indemnisé sur deux.
• Syndicats et associations lancent une enquête auprès des demandeurs d’emploi pour donner à voir l’impact réel des mesures.

Par Anne-Sophie Balle— Publié le 31/10/2019 à 07h31 et mis à jour le 14/01/2021 à 13h59

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En détaillant les premières mesures de la réforme à quelques jours de leur entrée en vigueur sur France Inter, Muriel Pénicaud a veillé à ne pas aborder les sujets qui fâchent. « Les mesures qui arrivent là, il y en a trois », détaille ainsi la ministre du Travail. Elle évoque tour à tour « la capacité de démissionner pour se reconvertir, faire un projet professionnel […] les indépendants, agriculteurs, artisans et commerçants, qui auront un filet de sécurité », faisant ici référence à l’allocation forfaitaire (800 euros par mois pendant six mois) à laquelle les indépendants pourront prétendre en cas de liquidation judiciaire. Si la ministre insiste sur ces deux points, c’est qu’il s’agit de la traduction de deux promesses de campagne d’Emmanuel Macron. Mais, dans les faits, ces mesures ne devraient concerner que 70 000 personnes par an (chiffres Unédic), pour un coût assez faible en comparaison des économies attendues par la réforme dans son ensemble (3,4 milliards d’euros d’ici à la fin 2021).

Une réforme injuste


Contester, alerter, informer…

« On est là aujourd’hui et on sera là après pour mesurer les effets de chaque décision sur la vie concrète des gens », avait prévenu Laurent Berger en juin. À l’heure de l’application des premières mesures, le droit de suite réclamé par la CFDT entre lui aussi dans sa phase opérationnelle. Avec Solidarités nouvelles face au chômage (SNC) et plusieurs partenaires syndicaux et associatifs du Pacte du pouvoir de vivre (Unsa, ATD Quart Monde et la Fédération des acteurs de la solidarité), la CFDT lance une enquête auprès des demandeurs d’emploi.

Le principe. Réaliser une analyse qualitative sur les conséquences de la réforme et incarner, à travers des vécus, les chiffres présentés fin septembre par l’Unédic. « Il est urgent de rappeler que le chômage n’est pas un choix et que le régime d’assurance-chômage doit, contrairement à ce qui s’annonce, protéger celles et ceux qui sont le plus exposés aux risques, résume le secrétaire général de SNC, Vincent Godebout. C’est pour cette raison que nous avons choisi de réaffirmer ensemble notre désapprobation quant à cette réforme injuste. »

Les modalités. Dès le 1er novembre, les demandeurs d’emploi pourront livrer leur témoignage sur la plateforme sncexpressions.fr. Les militants des organisations partenaires pourront également aller à la rencontre des demandeurs d’emploi et remplir avec eux un questionnaire comprenant 43 items. Dans plusieurs régions, la CFDT est à pied d’œuvre – comme en Normandie, où des opérations sont prévues début novembre devant toutes les agences Pôle emploi. Deux vagues d’opérations de ce type sont prévues, en novembre et avril. Si une première restitution est envisagée dès le 1er avril, la présentation des résultats définitifs n’interviendra qu’en janvier 2021, le temps d’évaluer l’impact des mesures entrant en application au 1er avril.

« La troisième chose, ce sont les conditions d’entrée à l’assurance-chômage, qui se modifient » du fait, selon la ministre, d’« un marché de l’emploi dynamique » et la nécessité d’avoir « un système incitatif à retrouver un emploi quand il y en a ». Or…

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