Au procès Ikea, la CFDT-Services demande des dommages et intérêts

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iconeExtrait de l’hebdo n°3772

Par Fabrice Dedieu— Publié le 06/04/2021 à 12h00

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Après sept jours d’audience, le procès d’Ikea France a été mis en délibéré le 1er avril, avec un verdict attendu le 15 juin. Pour avoir espionné ses salariés, ses futurs embauchés et avoir eu recours à des fichiers réservés aux forces de l’ordre (par des intermédiaires) dans le dessein d’éviter les troubles syndicaux, le parquet a requis une amende de 2 millions euros contre Ikea France. Parmi les autres prévenus (16 personnes au total, en comptant Ikea France en tant que personne morale), une peine de trois ans de prison, dont deux ans avec sursis, a été requise contre Jean-Louis Baillot, directeur général de 1996 à 2009, et contre Jean-François Paris, ancien directeur du département de la gestion du risque.

La Fédération CFDT des Services s’est constituée partie civile. La somme d’un million d’euros de dommages et intérêts a été requise au titre de « préjudice porté à l’intérêt collectif de la profession », précise l’avocat de la fédération, Marc Robert. « On a voulu empêcher les salariés d’exercer leur droit constitutionnel de grève et [faire en sorte] que les organisations syndicales ne puissent pas négocier loyalement », explique-t-il.

Ce système d’espionnage aurait été élargi pour contrôler systématiquement toutes les embauches et éviter de nouveaux troubles, après la grève de 2010 déclenchée à la suite de négociations salariales décevantes avec la direction. Le mouvement avait mobilisé 24 magasins sur 26 et provoqué une perte de chiffre d’affaires élevée. La Fédération a également demandé que l’enquête soit rouverte, « pour un complément d’informations afin de cerner entièrement les faits et de bien établir les responsabilités de chacun », selon un communiqué publié le 31 mars. Réponse dans quelques semaines.