Au sommet tripartite européen, la CES veut remettre du social au cœur de l’UE

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iconeExtrait de l’hebdo n°3771

Juste avant le Conseil européen des 25 et 26 mars consacré à la crise sanitaire, le sommet social tripartite a cherché à poser les jalons de l’après-pandémie en replaçant le citoyen au centre du projet européen.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 25/03/2021 à 11h05

En tant que président de la Confédération européenne des syndicats, Laurent Berger a rappelé l’urgence d’initiatives européennes fortes consistant à remettre le citoyen au cœur des politiques de l’UE.
En tant que président de la Confédération européenne des syndicats, Laurent Berger a rappelé l’urgence d’initiatives européennes fortes consistant à remettre le citoyen au cœur des politiques de l’UE.© ETUC

« La pandémie que nous traversons et ses conséquences ont révélé des désuétudes dans nos modèles économiques et sociaux qui exigent de nous des initiatives fortes, au-delà de la réponse immédiate et nécessaire de l’Union européenne et des États membres », a déclaré Laurent Berger, le président de la Confédération européenne des syndicats (CES), lors du sommet social tripartite du 24 mars qui a réuni partenaires sociaux européens et représentants des institutions européennes. « Il est nécessaire d’avoir des objectifs à moyen terme pour faire face aux défis des transitions écologique et numérique et au changement démographique sans laisser personne sur le bord de la route. »

Emploi et protection sociale au cœur des plans de relance

Quelques jours auparavant, les ministres du Travail européens (réunis en visioconférence) avaient eux aussi débattu des politiques sociales à mettre en œuvre dans le cadre du Semestre européen afin de faciliter la reprise. De fait, l’emploi et la protection sociale, au même titre que la lutte contre la pauvreté, doivent être au cœur des plans de relance des États membres, comme ils le sont dans le plan de relance européen. « Pour sortir de cette crise profonde, nous devons nous concentrer sur la création de nouveaux emplois de qualité et sur l’acquisition des compétences nécessaires pour les personnes », appuyait la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Or, pour traduire concrètement cette déclaration d’intention, l’UE doit d’abord garantir que les dépenses de relance n’entraîneront pas d’austérité.

Le sommet social de Porto aura lieu en mai

Comment ? Pour la CES, la concrétisation des principes du Socle européen des droits sociaux est une condition centrale, tout comme la nécessité de porter à terme « des initiatives législatives attendues […] comme la directive sur les salaires minima et les négociations collectives [ou celle] sur la responsabilité sociale des entreprises », poursuit-on du côté de la CES.

“Nous voulons une déclaration ambitieuse et porteuse d’un engagement fort de tous les acteurs dans la mise en œuvre solide et effective du Socle pour que le citoyen et son bien-être soient au cœur des politiques européennes.”

Laurent Berger, président de la CES

Dans quelques semaines, le sommet social de Porto, très attendu, pourrait aboutir à un plan d’action et une déclaration commune des institutions de l’UE et des partenaires sociaux sur la concrétisation de cette ambition. « Cette déclaration, nous la voulons ambitieuse et porteuse d’un engagement fort de tous les acteurs dans la mise en œuvre solide et effective du Socle pour que le citoyen et son bien-être soient au cœur des politiques européennes », insiste Laurent Berger. Des ambitions que le syndicalisme européen se dit décidé à plaider partout, y compris dans le cadre de la Conférence sur l’avenir de l’Europe, qui doit débuter le 9 mai prochain.