Conseil départemental de la Somme : œuvrer pour la qualité de vie au (télé)travail

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iconeExtrait de l’hebdo n°3780

Reconnue comme un véritable acteur du dialogue social, la CFDT a fait de l’amélioration de la qualité de vie au travail et du télétravail ses principaux chevaux de bataille. Des priorités que la crise sanitaire n’a pas évacuées et qui lui valent aujourd’hui d’être confortablement implantée… avec une section en constante progression.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 01/06/2021 à 12h00

Autour d’Élodie Sinoquet (portant un gilet orange et le drapeau CFDT), secrétaire de la section CFDT du Conseil départemental de la Somme, une équipe qui a beaucoup œuvré pour améliorer la qualité de vie et les conditions de travail des agents.
Autour d’Élodie Sinoquet (portant un gilet orange et le drapeau CFDT), secrétaire de la section CFDT du Conseil départemental de la Somme, une équipe qui a beaucoup œuvré pour améliorer la qualité de vie et les conditions de travail des agents.© DR

« Faire vivre le dialogue social, être force de proposition et permettre aux agents de travailler dans de bonnes conditions » : simple et claire, la feuille de route de la section fait mouche auprès des 2 800 agents publics du département et se traduit d’ailleurs par une hausse continue du nombre des adhérents. Depuis 2017, la section a progressé de 38 %, passant de 113 à 157 adhérents. Elle est devenue la seconde organisation de la collectivité, doublant largement FO lors des élections de 2018 (31,25 % contre 26,93 %) et se rapprochant désormais de la CGT (à 34,34 %).

Elle progresse également de 5,5 points au comité technique (de 25,76 % à 31,25 %) et dans deux commissions administratives paritaires sur trois. « C’est le fruit d’un travail de proximité de toute une équipe depuis des années », insiste Élodie Sinoquet, assistante sociale et secrétaire de la section CFDT du Conseil départemental de la Somme (CD 80) depuis 2019.

“Les collègues adhèrent parce qu’ils nous voient régulièrement dans les services et savent qu’ils peuvent nous joindre.”

Mickael Ramos, membre de la commission exécutive de la section CFDT

« Terrain, terrain, terrain… et beaucoup de temps passé au téléphone. Les collègues adhèrent parce qu’ils nous voient régulièrement dans les services et savent qu’ils peuvent nous joindre », résume Mickael Ramos, archiviste et membre de la commission exécutive de la section. « Et maintenant, je propose systématiquement l’adhésion, ajoute le syndicaliste. Un réflexe qui n’allait pas de soi jusque-là. Ce n’était pas quelque chose de naturel, on aidait, on filait un coup de main, mais on n’osait pas… »

Les atouts liés à la mise en place d’une cellule Covid

Cette proximité n’a pas été mise à mal par la pandémie. Bien au contraire, même si, évidemment, il a fallu s’adapter. « Nous voulions à la fois voir assurer la sécurité des agents et garantir la continuité des missions de service public », ajoute Élodie. En mai 2020, la CFDT obtient lors d’un CHSCT la création d’une cellule Covid (elle réunit les organisations syndicales, la direction des ressources humaines et son pôle qualité de vie au travail). Cet espace d’échange permet d’apporter « une réponse commune aux problématiques rencontrées par les agents », insiste Élodie.

Ainsi, des personnels qui se plaignaient de ne pas avoir de blouses à leur taille ont fini par en obtenir après avoir fait remonter cette difficulté à la section CFDT. Des agents qui s’étaient vu refuser par leur supérieur hiérarchique direct la possibilité d’être en télétravail ont pu en bénéficier après avis de cette cellule. « Mais le changement de mentalité concernant le télétravail est long ! », soupire Élodie.

Dès sa mise en place dans la collectivité, en 2014, la CFDT a cherché à accompagner le télétravail, face à des organisations syndicales qui étaient plutôt méfiantes. À l’origine, 150 agents pouvaient être en télétravail, dont certains pour raisons médicales, puis il s’est ancré peu à peu dans les habitudes… jusqu’à concerner 800 agents pendant le premier confinement. C’est d’ailleurs parce que cette forme d’organisation particulière du travail avait été largement discutée en amont qu’elle a pu se mettre rapidement en place.

“Télétravailler dans de bonnes conditions, c’est mieux”…

« Dès le début de l’expérimentation nous avons voulu ériger des garde-fous, rappelle Élodie. Télétravailler, c’est bien ; télétravailler dans de bonnes conditions, c’est mieux. » Le règlement de 2014, revendication de la CFDT, définissait clairement les missions éligibles, la liste des bénéficiaires, les modalités de recours en cas de refus, les droits et obligations du télétravailleur et de son responsable, la santé et la sécurité sur le lieu de télétravail et le volet formation (à la fois pour le télétravailleur et pour son encadrant). Pourtant, malgré huit années de savoir-(télé)travailler de la part des agents, offrant un service public efficient pendant la crise, un constat s’impose : les préjugés ont la vie dure. Les agents se heurtent encore trop souvent au manque de confiance d’une partie de leur encadrement. Une situation à laquelle la CFDT veut mettre fin. « Une fois la crise sanitaire terminée, nous veillerons à ce que l’ensemble des agents et encadrants soient formés à la pratique du télétravail. De toute façon, le télétravail en situation exceptionnelle n’est pas le même que le télétravail au quotidien. »

… Et pouvoir militer sans nuire à sa carrière

À propos de l'auteur

Guillaume Lefèvre
Journaliste

L’activité de la CFDT ne s’arrête pas à la question du travail. « Nous avons aussi obtenu la mise en place d’un contrat de prévoyance avec une participation de l’employeur », poursuit Arnaud Espel, membre de la commission exécutive de la section du CD 80 et secrétaire général d’Interco 80. Si certaines modalités sont encore à négocier, elle sera effective au 1er janvier 2022. Une victoire pour la CFDT, qui revendique sa mise en place depuis 2014, et qui a dû faire face à l’opposition des deux autres organisations de la collectivité. Autres sujets sur le feu pour la section, la révision de la « charte du dialogue social » avec l’administration, afin de permettre aux militants de s’investir correctement dans leur mandat syndical sans que les missions réalisées dans ce cadre ne nuisent à la carrière professionnelle. « Nous voulons continuer de permettre aux agents de travailler dans de bonnes conditions et aux militants de militer dans ces mêmes conditions », sourit Élodie.