Covid-19 : Chez Accor, la CFDT fait vivre le collectif à distance abonné

Au sein du premier groupe hôtelier de France, fortement impacté par la crise, le télétravail va durer, le chômage partiel aussi. La section CFDT est au cœur d’un dispositif destiné à rassurer, informer et motiver 1 400 salariés éloignés les uns des autres.

Par Claire Nillus— Publié le 03/06/2020 à 06h55 et mis à jour le 14/01/2021 à 13h59

Le 16 mars à midi, les deux tours de bureaux du groupe Accor, à Issy-les-Moulineaux et Évry, se sont vidées de leurs occupants. En avril, 20 % des salariés étaient en activité partielle totale, 20 % en télétravail à temps plein et 60 % en télétravail à mi-temps. L’une des priorités de la section CFDT, majoritaire au siège avec 60 % des voix aux élections CSE, a été de ne pas laisser s’installer un sentiment d’abandon des uns et d’aider les autres à concilier vie privée et vie professionnelle. L’entreprise venait de clore, en décembre 2019, un PSE annoncé un an plus tôt. Pour accompagner les salariés inquiets quant à leur avenir, les instances représentatives du personnel avaient alors demandé la mise en place d’une cellule psychologique. « Elle a été très efficace pendant toute la durée du PSE [plan de sauvegarde de l’emploi], et nous l’avons réactivée immédiatement avec l’annonce du confinement. L’activité du siège étant ralentie, il n’était pas question de laisser les personnes seules face à leur ordinateur et leurs angoisses, explique Corine Camillato, déléguée syndicale centrale CFDT du groupe Accor. Nous organisons des séances de soutien avec la psychologue pour savoir comment les salariés vivent leur télétravail ou leur chômage, comment ils appréhendent le retour au bureau et les semaines à venir. Se connecte qui veut, mais la demande demeure forte car le télétravail va rester la règle jusqu’à septembre. Une enquête sera envoyée en juin à l’ensemble des collaborateurs sur le thème “Comment travailler autrement”. Elle permettra la mise à jour de l’accord existant sur le télétravail à partir du vécu des salariés pendant le confinement. »

La cellule de soutien donne aussi aux élus l’occasion de délivrer des informations transmises par la direction, notamment à ceux qui ne se connectent pas régulièrement sur le serveur du groupe. « Le PSE a un peu ébranlé la confiance des salariés, nous sommes devenus des interlocuteurs privilégiés sur toutes les demandes relatives aux congés, aux rémunérations et, dorénavant, sur la reprise progressive de l’activité et les annonces gouvernementales concernant le tourisme. En lien avec la déléguée syndicale de la section SMI [Sofitel-Mercure-Ibis], nous avons des informations précises sur ce qui se passe dans le réseau des hôtels franchisés », poursuit Corine.

Soutien scolaire, activités et “apéros des équipes”

Sur le plan financier aussi, des mesures fortes ont été prises avec l’appui du comité social et économique pour les salariés en activité partielle…

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