Dans l’Éducation nationale, la revalorisation des personnels discutée en juin

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iconeExtrait de l’hebdo n°3780

L’annonce de la revalorisation des salaires des enseignants se faisait attendre. Une enveloppe de 700 millions d’euros vient d’être débloquée, mais il n’existe toujours pas de plan pluriannuel, comme le souhaitaient les deux fédérations Sgen-CFDT et FEP. Le ministère invite les organisations syndicales à discuter de la ventilation de cette enveloppe dans le courant du mois de juin.

Par Marie-Nadine Eltchaninoff— Publié le 01/06/2021 à 12h00

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© Simon Lambert/Haytham-RÉA

Le suspense est enfin levé. Le Grenelle de l’éducation, qui s’était déroulé d’octobre 2020 à janvier dernier, devait être suivi d’annonces, notamment celles très attendues sur la revalorisation du salaire des enseignants. Après plusieurs mois de silence radio, le ministère a précisé ses intentions le 26 mai, en annonçant par la voix de son ministre le déblocage d’une enveloppe de 700 millions d’euros pour 2022.

Dans le détail, 100 millions permettront de financer en année pleine les mesures engagées en 2021 ; 200 millions sont destinés à la prise en charge de la protection sociale complémentaire ; reste 400 millions pour de nouvelles mesures de revalorisation. L’objectif affiché par le ministre est « qu’il n’y ait plus un seul professeur payé moins de 2 000 euros d’ici à 2025 ». Les débuts de carrière seront privilégiés afin d’améliorer l’attractivité du métier d’enseignant. La ventilation de ces enveloppes et les modalités de mise en œuvre doivent être discutées « tout au long du mois de juin » avec les organisations syndicales, a précisé Jean-Michel Blanquer.

Reprise du chantier de la revalorisation

Le Sgen-CFDT « acte positivement la reprise de ce chantier » et salue « une nouvelle marche significative pour le budget de l’État ». Cependant, indiquait Catherine Nave-Bekhti, la secrétaire générale du Sgen-CFDT, lors de la présentation aux organisations syndicales des conclusions du Grenelle, « nous n’avons pas la visibilité à ce stade sur le tableau d’ensemble et la trajectoire pluriannuelle ». Selon le Sgen, l’engagement pluriannuel de l’État doit aller au-delà de la prochaine échéance électorale. La fédération est prête à s’engager dans les discussions du mois de juin avec en tête un certain nombre de revendications : l’égalité professionnelle, la reconnaissance des AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap), de la fonction de directeur ou directrice d’école et de la filière administrative, entre autres.

L’enseignement privé également concerné

À propos de l'auteur

Marie-Nadine Eltchaninoff
Journaliste

Du côté de la Fédération de la Formation et de l’Enseignement privés (FEP), qui regrette également l’absence de plan pluriannuel de revalorisation, la réaction est sensiblement la même, à une nuance près. « On s’engagera dans les discussions prévues en juin… si les organisations syndicales du privé y sont invitées », indique la fédération, précisant que cela n’avait pas toujours été le cas lors du dernier agenda social, « ou alors en décalage par rapport aux autres organisations syndicales ». La FEP souhaite en outre qu’un intérêt particulier soit porté sur la catégorie des maîtres délégués, « dont les salaires frôlent l’indécence, avec pour conséquence des difficultés dans la gestion des remplacements. »