En dix ans, les inspections du travail au sein de l’UE ont fondu de près de 20 %

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iconeExtrait de l’hebdo n°3776

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 30/04/2021 à 07h29

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© ETUC/CES

1. Journée internationale de commémoration des travailleurs morts ou blessés au travail.

« Scandaleux », résume Per Hilmersson, secrétaire général adjoint de la Confédération européenne des syndicats (CES), à la lecture d’une étude publiée le 28 avril dernier1 et portant la baisse du nombre d’inspections du travail au sein de l’UE. D’après les données portant sur 20 des 27 pays de l’Union, celles-ci sont passées de 2,2 millions de visites par an en 2010 à 1,7 million en 2020. En effet, 17 des 20 pays ont drastiquement revu à la baisse le nombre de contrôles. « Les inspections du travail ont été drastiquement réduites en raison des politiques d’austérité, ce qui a fait que les lieux de travail étaient moins bien préparés pour affronter la pandémie. Cela peut avoir coûté un grand nombre de vies. »

Tweet de la Confédération européenne des syndicats

1. Cette donnée doit toutefois être prise avec précaution puisqu’elle compare seulement les années 2013 et 2014, et que le rapport de la direction général du travail de 2019 indique que 280 178 inspections ont été réalisées en France en 2018, contre 356 200 en 2011 (soit une baisse de 21 %).

L’étude de la CES pointe d’importantes disparités selon les pays. Au Portugal et à Malte, la chute atteint 55 % ; elle est de 37 % en Roumanie et de 21 % en Belgique. La France n’échappe pas à la tendance avec 28 % de visites en moins1.

Non-respect de la norme de l’OIT

D’après cette même étude, le nombre d’inspecteurs du travail a diminué dans douze pays de l’UE (– 7 %), avec de fortes disparités : – 47 % en Roumanie, – 17 % en Irlande ou – 14 % en Estonie. « Plus d’un tiers des pays européens ne répondent plus à la norme de l’Organisation internationale du travail, qui recommande un inspecteur du travail pour 10 000 travailleurs. » En ce sens, la CES appelle les différents États à augmenter le nombre d’inspecteurs. « Il est temps que l’Europe arrête de traiter la vie manière aussi désinvolte et donne priorité à la sécurité des citoyens. »