“La relance des politiques d’austérité n’est pas une option”

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iconeExtrait de l’hebdo n°3767

Par Marie-Nadine Eltchaninoff— Publié le 02/03/2021 à 13h00 et mis à jour le 08/03/2021 à 13h09

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À cause de la pandémie, la fameuse règle des 3 % du pacte de stabilité et de croissance – qui encadre les finances publiques des États membres de l’Union européenne – a volé en éclats. En l’espace de quelques semaines, la rigueur a laissé place au « quoi qu’il en coûte » mis en œuvre dans chaque État afin de lutter contre les conséquences de la crise sanitaire, permettant le lancement du programme d’aide à l’emploi SURE et d’un plan de relance solidaire, d’une ampleur inédite puisque de 750 milliards d’euros.

Et alors que la Commission européenne doit présenter le 3 mars les scénarios possibles d’un retour à la normale sur le plan budgétaire, des voix s’élèvent pour prévenir tout recours à une politique d’austérité. « Un retour aux affaires comme d’habitude – la relance des politiques d’austérité du passé – n’est tout simplement pas une option », est-il indiqué dans une lettre adressée aux dirigeants européens par une coalition constituée de syndicats européens, dont la Confédération européenne syndicale (CES), d’ONG et d’universitaires, signée par Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT mais aussi président de la CES, et Yvan Ricordeau, secrétaire national chargé des affaires européennes.

Trois changements majeurs

« Nous devons reconstruire en mieux afin que tous les États membres européens soient plus forts à la sortie de la crise du [coronavirus] qu’ils ne l’étaient », est-il précisé dans ce courrier. La coalition suggère d’apporter trois changements majeurs à la politique budgétaire de l’Union européenne : inciter les États à parvenir au plein-emploi dans le cadre d’une transition juste ; instaurer « un budget et une capacité d’emprunt importants et permanents » à l’échelle européenne afin de promouvoir les investissements dans l’European Green Deal (Pacte vert pour l’Europe) et une transition socialement juste ; enfin, assurer le soutien de la Banque centrale européenne aux « objectifs budgétaires décidés démocratiquement, permettant aux États membres de tirer pleinement parti du potentiel budgétaire que leur offre la politique monétaire ».