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Explosion contenue du chômage en 2020, mais explosion quand même

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iconeExtrait de l’hebdo n°3763

Malgré une légère inflexion en fin d’année, le chômage a augmenté de 7,5 % sur l’ensemble de l’année 2020 en raison de la crise sanitaire. La mise sous perfusion de l’économie, et notamment l’activité partielle, permet pour l’instant de limiter la casse. Mais cela ne pourrait durer.

Par Anne-Sophie Balle— Publié le 28/01/2021 à 14h53 et mis à jour le 28/01/2021 à 15h06

Si le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi baisse légèrement au quatrième trimestre 2020, le chômage des jeunes, des salariés précaires et des chômeurs de très longue durée a nettement augmenté pendant l’année 2020.
Si le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi baisse légèrement au quatrième trimestre 2020, le chômage des jeunes, des salariés précaires et des chômeurs de très longue durée a nettement augmenté pendant l’année 2020.© Marta Nascimento/RÉA

La baisse du quatrième trimestre n’aura pas réussi à amortir le choc. Comme on pouvait s’y attendre, la crise sanitaire qui a débuté au printemps s’est traduite par une forte augmentation du chômage, même si l’explosion redoutée n’a pas (encore) eu lieu. En un an, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) a augmenté de 7,5 % sur l’ensemble du territoire, estime la Dares dans sa dernière publication, pour atteindre 3,8 millions de personnes, soit 265 000 de plus qu’un an auparavant.

Si aucune catégorie d’âge n’est épargnée, la hausse est beaucoup plus marquée chez les jeunes (+ 8,4 % sur un an) alors qu’en 2019, dans cette catégorie, la baisse atteignait des niveaux jamais vus depuis la fin des années 1990 (– 6,7 %). La situation du chômage des seniors reste quant-à elle très préoccupante avec 964 300 demandeurs d’emploi en catégorie A de plus de 50 ans, soit + 7,1 %.

L’activité partielle, amortisseur temporaire

De fait, l’explosion en avril dernier du nombre d’inscrits à Pôle emploi due au premier confinement (+ 22,6 %), quand la quasi-totalité de l’activité économique était à l’arrêt, a été largement amortie, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité ayant même continué de reculer pendant le deuxième confinement – du fait d’un recours soutenu des entreprises à l’activité partielle. Car, de fait, les entreprises ont jusqu’ici assez peu licencié. Et si on le compare à la crise financière de 2009, époque où les dispositifs de chômage partiel n’avaient été que peu appliqués, le choc en matière d’emploi est deux fois moins violent.

Ainsi, pour l’instant, l’activité partielle continue de jouer son rôle d’amortisseur. Mais la levée progressive des aides accordées aux entreprises (avec un reste à charge qui passe de 15 à 40 % au 1er mars) et la perspective d’un troisième confinement laissent craindre chez tous les observateurs une flambée du nombre de demandeurs d’emploi lors des prochains mois.

Une réforme inadaptée

Dans ce contexte, l’application au 1er avril des mesures inscrites dans la réforme de l’assurance-chômage plane comme une menace anxiogène pour des millions de demandeurs d’emploi, et pour les travailleurs qui craignent de le perdre.

« [Cette réforme de l’assurance-chômage est] injuste et particulièrement inadaptée au contexte. »

Marylise Léon, secrétaire générale adjointe de la CFDT

Cette réforme, « injuste et particulièrement inadaptée au contexte », réaffirme Marylise Léon, secrétaire générale adjointe de la CFDT, fait actuellement l’objet de discussions avec les partenaires sociaux. Les organisations syndicales (dont la CFDT) et patronales ont été reçues au début de la semaine par la ministre du Travail, et une réunion multilatérale est attendue d’ici à la fin-février.

En l’état actuel de la réforme, les nouvelles règles pourraient, selon l’Unédic, entraîner une dégradation des droits de près de la moitié des chômeurs indemnisés, avec une baisse moyenne du montant de l’allocation de 20 % (mais pouvant aller parfois jusqu’à 50 %). « Quand on sait que le montant moyen de l’allocation s’élève à 1 190 euros, on voit à quel point les conséquences de cette réforme peuvent être dramatiques », conclut Marylise Léon.