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Jamy Gourmaud : Passeur de savoir abonné

Rendre la science accessible à toutes et tous, voilà l’ambition de Jamy Gourmaud. Depuis plus de vingt ans, ce journaliste a fait de la diffusion des savoirs et des connaissances sa priorité. Pour lui, la pandémie qui frappe la planète est à la fois un rappel et un avertissement: les scientifiques n’ont pas –encore– réponse à tout. 

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 13/06/2020 à 08h25

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Que révèle cette crise sanitaire sur notre société ?

Cette pandémie est venue bousculer notre insouciance, voire notre arrogance. Elle vient nous rappeler que nous ne maîtrisons pas tout. Les virus ont toujours menacé l’humanité et ils continueront de la menacer. Les hommes ont seulement parfois tendance à l’oublier. Depuis le milieu du xxe siècle, on s’est habitué à ce que la science réponde à toutes les problématiques. Les citoyens redécouvrent simplement le temps de la médecine et de la recherche. Aujourd’hui, certains s’insurgent de la durée nécessaire pour mettre au point un vaccin ! Pourtant, on n’invente pas un remède en claquant des doigts !

Il y a énormément de choses que l’on ignore sur ce virus, comme sur beaucoup d’autres sujets. Toutes ces interrogations nous rappellent simplement que nous avons encore beaucoup à apprendre et à découvrir !

La planète est loin d’avoir livré tous ses secrets. C’est ce champ des possibles qui vous motive ?

Bien sûr ! J’aime comprendre. J’aime donner du sens à ce qui m’entoure. J’aime partager le savoir. Je veux faire le lien entre ceux qui savent et ceux qui ont envie de savoir. Plus important encore, je veux donner l’envie de savoir. J’ai envie de transmettre des clés de lecture. J’ai toujours considéré qu’il était important d’apprendre une chose par jour. C’est ce que j’ai fait avec mes enfants. Et peu importe le sujet, jardinage, football… On doit aller se coucher chaque soir en ayant appris une chose nouvelle.

Vous avez fait de la diffusion de la connaissance votre cheval de bataille ?

L’accès au savoir est primordial. Il faut cesser de penser que la science est inaccessible. La science est partout. Et à la portée de tout le monde ! C’est ce que je veux montrer. Je me considère comme un passeur de savoir. Il faut arrêter de croire que derrière des mots complexes se cachent des concepts inconcevables. Ce n’est pas parce que l’on est mauvais en science à l’école qu’il est impossible d’aimer la culture scientifique. On peut détester la biologie mais aimer l’aventure de la virologie et l’histoire de Pasteur.

Il faut distinguer les deux. Il y a des grands principes qui ne nécessitent pas de maîtriser l’outil scientifique. Vous pouvez visiter le Louvre sans être peintre ni sculpteur ; quand vous allez au cinéma, vous n’êtes pas forcément cinéphile. Pour la science, c’est pareil !

Comment faites-vous pour intéresser les gens au fait scientifique ?

Il faut faire preuve de pédagogie. Expliquer les enjeux.

Ce n’est pas un combat perdu d’avance ?

Pas du tout ! Et j’ai le sentiment que les questions qui ont été posées pendant la période sont révélatrices du rapport que chaque individu entretient avec la science. À un moment, le public est désarmé. Et c’est normal. Il faut lui donner les moyens de décrypter l’information. Cela vaut pour le coronavirus, mais cela vaut pour tous les sujets.

Il me semble que l’on écarte depuis très longtemps la culture scientifique de la culture générale. Parce qu’on laisse aux scientifiques le soin de régler les problèmes qui peuvent se poser dans un certain nombre de domaines comme le médical, la virologie, l’épidémiologie… Dans la mesure où tout va bien, on ne s’y intéresse pas. On considère que c’est le rôle des experts. C’est une erreur. C’est pour ça que je considère qu’il est important d’enseigner la science au quotidien. Il faut redonner à cette discipline la place qui est la sienne.

Pour un citoyen lambda, ce n’est pas toujours simple de s’y retrouver…

Effectivement. C’est pour cela que la pédagogie est essentielle. Nous devons comprendre et faire comprendre comment avance la science. Quand certains parlent de cacophonie dans la communauté scientifique, quoi de plus sain ? La science est faite de débats, d’hypothèses ! Que l’on met en pratique et que l’on démonte. On avance pas à pas. Personne n’a la science infuse ! C’est normal de discuter, d’échanger. En tant qu’observateur, si je ne peux pas…

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