La CFDT obtient la montée en charge de la vaccination en entreprise

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iconeExtrait de l’hebdo n°3777

Pas assez de doses, un circuit trop complexe : lors d’une conférence de presse début mai, la CFDT et le Medef ont dénoncé d’une seule voix la lenteur du dispositif de vaccination dans les entreprises. Un appel entendu. 

Par Claire Nillus— Publié le 11/05/2021 à 12h00

Face à l'épidémie, les numéros 1 de la CFDT et du Medef ont fait cause commune en demandant au gouvernement de faciliter au maximum la vaccination en entreprise.
Face à l'épidémie, les numéros 1 de la CFDT et du Medef ont fait cause commune en demandant au gouvernement de faciliter au maximum la vaccination en entreprise.© Eric TSCHAEN/REA

Il avait fallu attendre la fin décembre 2020 pour voir la médecine du travail associée à la campagne de vaccination nationale, laquelle ne démarrera que poussivement deux mois plus tard dans les entreprises. En cause : un approvisionnement complexe (le médecin du travail ou l’infirmier doit individuellement commander des doses auprès d’une pharmacie référente), une communication parfois défaillante sur le sujet (l’employeur peut inciter mais non obliger) et peu de doses disponibles pour les SSTI (services de santé au travail interentreprises). Sans parler des suspicions qui pèsent depuis la mi-mars sur le vaccin AstraZeneca, créant une certaine défiance parmi les salariés volontaires pour se faire vacciner quand la demande pour les vaccins Pfizer et Moderna elle, ne cesse de croître.

C’est sans doute ce qui a poussé Laurent Berger et Geoffroy Roux de Bézieux à interpeller ensemble le gouvernement sur le rôle essentiel des médecins du travail et des SSTI dans la lutte contre l’épidémie. La France en compte 240 qui permettent d’assurer le suivi de 15 millions de salariés. Or, début mai, seules 400 000 injections avaient été réalisées par les médecins du travail. Elles étaient réservées uniquement aux salariés de plus de 55 ans atteints de comorbidités, lesquels représentent une part très faible de la population active. Au CMIE, Centre médical interentreprises Europe, situé à Paris, où les deux leaders étaient réunis pour leur point presse, 380 786 salariés pourraient être vaccinés (s’ils le demandent) mais 3 062 seulement l’ont été. 

Mobilisation de tous les vaccins disponibles

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Claire Nillus
Journaliste

Leur appel a été entendu. Deux jours plus tard, Élisabeth Borne, ministre du Travail, et Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État chargé des Retraites et de la Santé au travail, ont en effet annoncé des mesures pour « faciliter la vaccination en entreprise » : dès ce mois-ci, 100 000 doses d’AstraZeneca devraient ainsi être fournies à la médecine du travail mais les médecins du travail pourront également vacciner avec l’ensemble des vaccins disponibles.

Pour cela, une expérimentation sera lancée dans les prochains jours avec plus d’une vingtaine de services de santé au travail pilotes disposant du matériel nécessaire à la conservation des vaccins Pfizer ou Moderna. Ces nouveautés devraient permettre à la vaccination en entreprise de monter en puissance en vue de l’ouverture du vaccin à la population générale à partir du 15 juin.

« Il faut que tous les salariés volontaires puissent se faire vacciner, sans critère d’âge » rappelait Laurent Berger. L’étude Kantar réalisée par la CFDT est d’ailleurs sans appel sur ce point : 85 % des salariés déclarent être favorables, voire très favorables, à la vaccination sur leur lieu de travail.