La formation professionnelle, premier sujet de l’agenda social autonome

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iconeExtrait de l’hebdo n°3773

Le 9 avril, organisations syndicales et patronales se sont réunies pour une première séance de travail sur la formation professionnelle. Les discussions à venir doivent porter sur une évaluation de la loi Avenir professionnel de 2018.

Par Marie-Nadine Eltchaninoff— Publié le 13/04/2021 à 12h00

La première séance de travail des partenaires sociaux relative à la formation professionnelle a permis de fixer une méthode et un calendrier jusqu’au début juillet…
La première séance de travail des partenaires sociaux relative à la formation professionnelle a permis de fixer une méthode et un calendrier jusqu’au début juillet…© Robert Kluba/RÉA

1. À l’exception de la CGT, qui a choisi la politique de la chaise vide.

La formation professionnelle est la première des thématiques inscrites à l’agenda social autonome proposé par le Medef en février dernier. La séance du 9 avril a permis aux partenaires sociaux1 de travailler sur le document de cadrage de la discussion, en cours d’écriture, et de fixer une méthode et un calendrier jusqu’au début juillet.

Une première phase de cinq séances de travail sera consacrée à un état des lieux de la loi du 5 septembre 2018, qui a réformé en profondeur l’apprentissage et la formation professionnelle. « Il s’agit d’un point d’étape, précise Yvan Ricordeau, secrétaire national CFDT. Nous allons regarder, au vu du contexte économique et social que nous connaissons, comment être encore plus ambitieux sur le développement des compétences. »

Les partenaires sociaux n’ont pas prévu de « refaire le match » de la négociation précédente mais bien de vérifier dans quelle mesure les dispositifs existants sont efficients, à commencer par le compte personnel de formation, qui est depuis 2018 crédité en euros.

Entre droit individuel et responsabilité collective

« Nous savons par exemple que le CPF se développe sur le plan quantitatif et financier mais nous ne savons pas ce qu’il produit sur la formation professionnelle en termes de qualité », poursuit la CFDT. Autre point à examiner de près : « Le développement du CPF est-il corrélé à un renforcement de la discussion sur le développement des compétences dans les entreprises ? Nous avons l’intuition que non, qu’il existe d’un côté le CPF à la main des individus, de l’autre un dialogue dans l’entreprise relativement atone. » À la clé, un enjeu de rééquilibrage entre droit individuel et responsabilité collective.

Dans cet esprit, il apparaît nécessaire de renforcer les leviers d’action dont disposent les partenaires sociaux partout où ils exercent une responsabilité ; « dans les entreprises mais aussi dans les Opco, les Crefop, les ATpro [associations de transition professionnelles] », précise Yvan Ricordeau.

Vers la négociation d’un accord ?

Une fois le diagnostic posé, en principe à partir de la fin mai, les partenaires sociaux émettront des préconisations. Cette discussion paritaire donnera-t-elle lieu à une négociation, en vue d’un accord national interprofessionnel ? C’est l’objectif a priori envisagé par le Medef au lancement de l’agenda social, mais le consensus n’est pas acquis, notamment côté patronal. « La logique voudrait qu’à la moitié du bilan d’étape, on enclenche une négociation pour faire des propositions », souligne la CFDT, selon des axes prioritaires : encourager le développement de l’alternance, renforcer le dialogue sur la formation professionnelle dans les entreprises, améliorer l’accompagnement des salariés et des entreprises.

À propos de l'auteur

Marie-Nadine Eltchaninoff
Journaliste

Parallèlement à cette discussion paritaire doit débuter, à la fin du mois, une concertation tripartite avec le gouvernement sur ce même sujet de la formation professionnelle, au cours de laquelle seront abordés les sujets cruciaux du financement et de la gouvernance du système.