La Garantie jeunes fête ses cinq ans d’existence avec un bilan prometteur abonné

Le dispositif d’insertion professionnelle destiné aux 16-25 ans sans emploi ni formation constitue un tremplin vers l’emploi et l’autonomie. Un acquis CFDT.

Par Marie-Nadine Eltchaninoff et Anne-Sophie Balle— Publié le 24/04/2019 à 15h25 et mis à jour le 18/01/2021 à 20h24

Sur le front de l’emploi, les bonnes nouvelles sont rares. Aussi le bilan de la Garantie jeunes, dressé par la Dares dans une étude publiée à la mi-avril, ne peut que réjouir. « Ce dispositif, lancé à l’automne 2013 dans le cadre du plan pauvreté pour toucher des jeunes souvent hors des radars, peu de monde y croyait », se souvient Inès Minin, secrétaire nationale chargée des jeunes. Pourtant, cinq ans plus tard, les chiffres sont là. Entre octobre 2013 et juillet 2018, 229 000 jeunes ont intégré le dispositif. Et 29,9 % sont en emploi en moyenne huit mois après leur entrée en Garantie jeunes, 41 % au bout de dix-neuf mois. Surtout, c’est là le principal enseignement de cette étude, la Garantie jeunes aurait augmenté le taux d’emploi des bénéficiaires de 10 points onze mois après l’entrée. Autrement dit, le taux d’emploi de 29,9 % des bénéficiaires n’aurait été que de 20 % sans la Garantie jeunes.

Une montée en charge arrachée par la CFDT


Des missions locales dont les finances sont mises à mal

Comment faire plus avec moins ? À l’heure où l’État fixe un objectif ambitieux de 500 000 contrats Garantie jeunes signés d’ici à la fin du quinquennat, dont 100 000 nouvelles entrées dans le dispositif en 2019, les missions locales font face à de graves difficultés financières. Ces structures associatives présidées par des élus locaux, sont financées à 50 % par l’État et à 50 % par les collectivités territoriales. Or l’État vient de changer les règles. « Nous recevons habituellement 80 % de la subvention d’État en début d’année mais, cette année, il a été décidé de ne verser que 50 % de la subvention, et ce, pour toute l’année 2019 », s’indigne Jean-Michel Mourouvin, secrétaire général du Syndicat national des métiers de l’insertion (Synami). À cela s’ajoute la baisse des subventions accordées dans le cadre des conventions pluriannuelles d’objectifs (CPO) signée entre l’État et chaque mission locale. Il s’ensuit une déstabilisation du budget des missions locales, selon le Synami, qui alerte dans un récent communiqué sur un risque de « disparition de pans entiers du réseau ». Selon le syndicat, le déficit des missions locales, de 50 000 à 500 000 euros selon la taille des structures, pourrait entraîner une perte d’effectifs de l’ordre de 8 %. Le défi d’une extension de la Garantie jeunes à 500 000 bénéficiaires avec un budget réduit de moitié semble dès lors intenable, sauf à ce que le gouvernement évolue sur sa position, ce que réclament l’Union nationale des missions locales (UNML) et le Synami.

« Pour évaluer l’impact d’un dispositif, il ne suffit pas d’observer les taux de retour à l’emploi. Il faut pouvoir apprécier ce que produisent les politiques d’emploi sur une génération, et mesurer ce qu’aurait été le devenir de ces jeunes sans la Garantie jeunes », précise Inès Minin.
Expérimentée en 2013 sur une dizaine de territoires, la Garantie jeunes s’est déployée par vagues successives, sous l’impulsion de la CFDT, qui a obtenu lors de la Conférence sociale de 2014 sa montée en charge avec un objectif de 100 000 jeunes concernés fin 2015. « On était seuls à le porter mais nous n’avons rien lâché », poursuit la secrétaire nationale. Au 1er janvier 2016, tous les territoires volontaires proposaient le dispositif, déployé dans 80 % du réseau des missions…

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