La portabilité des droits, une digue de solidarité

iconeExtrait de l’hebdo n°3765

Par Jocelyne Cabanal— Publié le 16/02/2021 à 13h00 et mis à jour le 16/02/2021 à 13h48

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Virginie de Galzain

À propos de l'auteur

Jocelyne Cabanal
secrétaire nationale de la CFDT

La CFDT s’est inscrite auprès des équipes dans tous les dispositifs qui peuvent maintenir l’emploi et sécuriser les transitions individuelles ou collectives. Mais, nous le savons, il faut nous préparer à une baisse de l’emploi, et à ce que de nombreux collègues perdent leur emploi, par des fins de contrats, licenciements et faillites d’entreprise. Alors, au-delà des combats menés pour limiter ce raz de marée, il nous faut aussi élever les digues pour que la protection sociale puisse jouer à plein son rôle.

La portabilité fait partie de ces digues-là. La portabilité, c’est un droit obtenu grâce à la CFDT au travers des ANI de 2008 et 2013, un droit qui affirme que la solidarité entre les travailleurs en matière de protection sociale n’est pas rompue avec le contrat de travail. Jusqu’à un an après la fin de leur contrat, les salariés privés d’emploi peuvent conserver leur complémentaire santé pour eux ou leurs ayants droit, y compris lors des faillites d’entreprise. C’est fondamental pendant une crise sanitaire mais aussi parce que les périodes de chômage sont aussi des moments de renoncement aux soins et d’impact sur la santé.

Alors, agissons pour l’effectivité de ce droit. Négociateur de branche, administrateur de protection sociale, responsable de branche ou représentant du personnel : nous avons tous une partie de la réponse. Faisons connaître ce droit, exigeons de nos partenaires qu’ils le mettent en œuvre, et gardons solidairement ce lien avec les collègues. Se préoccuper des personnes aux moments de fragilité dans leur parcours de vie, c’est investir dans la prévention, c’est une déclinaison concrète de la promesse fraternelle d’accompagnement affirmée par la résolution du congrès de Rennes. La CFDT est pionnière dans ce dossier. Faisons-le savoir, revendiquons fièrement ce droit et utilisons l’énergie militante qu’il exige pour se concrétiser.