Le casse-tête du retour au bureau

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iconeExtrait de l’hebdo n°3781

La nouvelle version du protocole national pour assurer la santé et la sécurité des salariés face à l’épidémie de Covid-19 assouplit les règles concernant le télétravail, la restauration collective et les moments de convivialité.

Par Claire Nillus— Publié le 08/06/2021 à 12h00

Le temps du déjeuner, le nouveau protocole national en entreprise porte à six le nombre de collègues autour de la table, avec 2 mètres entre les tables et une jauge en nombre de personnes égale à 50 %.
Le temps du déjeuner, le nouveau protocole national en entreprise porte à six le nombre de collègues autour de la table, avec 2 mètres entre les tables et une jauge en nombre de personnes égale à 50 %.© Laurent Grandguillot/RÉA

À compter du 9 juin, c’est une nouvelle version du protocole sanitaire en entreprise qui s’applique. Le nouveau document (publié la semaine dernière) invite les employeurs à définir « un nombre de jours minimum de télétravail par semaine » pour les activités qui le permettent. Mais le télétravail est toujours considéré par le gouvernement comme « un mode d’organisation de l’entreprise qui participe à la démarche de prévention du risque d’infection » et « les réunions en visio ou en audio restent à privilégier ».

Les recommandations du nouveau protocole

En préambule, le document souligne que « le dialogue social est un élément essentiel pour la mise en œuvre des mesures prévues par ce protocole ». Il recommande d’associer les représentants du personnel et les représentants syndicaux à sa déclinaison dans l’entreprise « en tenant compte de la réalité de son activité, de sa situation géographique et de la situation épidémiologique, et des missions confiées à chacun ». À cet effet, l’accord national interprofessionnel (ANI) du 26 novembre 2020 pour une mise en œuvre réussie du télétravail « constitue un cadre de référence utile ». Le texte rappelle aussi l’importance de l’implication des services de santé au travail, des salariés, des managers et du référent Covid-19, lorsqu’il existe, pour accompagner le retour des télétravailleurs sur site.

Du côté de la restauration collective, les recommandations du nouveau protocole portent à six le nombre de personnes à table, selon les règles applicables dans les restaurants, avec 2 mètres entre les tables et une jauge à 50 %. Les « moments de convivialité » sont en outre autorisés en extérieur, dans la limite de 25 personnes.

Invariables points de vigilance

Comme lors des mois passés, les employeurs devront être particulièrement attentifs aux travailleurs détachés, aux travailleurs saisonniers ainsi qu’aux intérimaires et titulaires de contrats de courte durée et s’assurer qu’ils ont la même connaissance que les autres salariés de l’entreprise des modes de propagation du virus, des gestes barrières, des mesures de distanciation physique et des dispositifs de protection au sein de l’entreprise.

Le télétravail doit continuer à être organisé pour les personnes vulnérables (identifiées dans le décret no 2020-1365 du 10 novembre 2020). Si cela n’est pas possible, l’employeur doit leur fournir un bureau individuel (en dernier recours, le salarié est placé en situation d’activité partielle sur la base d’un certificat médical).

1. « Covid-19 – Reprise d’activité après fermeture de l’entreprise : comment accompagner les salariés ? » et « Covid-19 – Comment accompagner le retour en entreprise des télétravailleurs ? ».

Enfin, le protocole oriente les entreprises vers des outils censés faciliter le « dialogue social interne » : deux guides1 de l’Anact (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) ont récemment été édités à destination des employeurs.

Repenser l’organisation du travail

À propos de l'auteur

Claire Nillus
Journaliste

Selon la CFDT, il faut aller plus loin et mettre en perspective la reprise et les suites du télétravail. « Il faut instaurer une période transitoire permettant un retour progressif sur site, ajuster la nouvelle organisation du travail sur le lieu de travail et recréer du collectif de travail, affirme la secrétaire nationale Catherine Pinchaut. Au-delà du 9 juin, il va aussi falloir repenser collectivement les organisations du travail les plus pertinentes. » Car on ne reviendra plus en arrière. La généralisation du télétravail l’année dernière a profondément fait bouger les lignes. Entre ceux qui craignent le retour au bureau et ceux qui le désirent, la problématique pour les employeurs, outre le respect des consignes sanitaires, consiste désormais à trouver le bon équilibre entre télétravail et présentiel.