Le CPF à la loupe

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iconeExtrait de l’hebdo n°3776

Les travaux paritaires relatifs à l’état des lieux de la formation professionnelle, prévus dans le cadre de l’agenda social autonome, ont débuté le 30 avril. Au menu : le compte personnel de formation (CPF) et le plan de développement des compétences (ex-plan de formation).

Par Marie-Nadine Eltchaninoff— Publié le 04/05/2021 à 12h00

Selon la Dares, 36% des dossiers de formation validés ces six derniers mois ont été déposés par des demandeurs d'emploi.
Selon la Dares, 36% des dossiers de formation validés ces six derniers mois ont été déposés par des demandeurs d'emploi.© Jean-Claude Moschetti/RÉA

Les récentes données communiquées par la Dares et la Caisse des Dépôts ont sans doute permis aux partenaires sociaux, réunis le 30 avril afin de lancer leurs travaux sur le CPF, d’analyser plus finement l’utilisation du dispositif. Au 25 avril, 10,7 millions de Français ont ouvert l’application et signé les conditions générales d’utilisation de moncompteformation.gouv.fr. Quelque 500 000 utilisateurs activent leur profil tous les mois. Plus concrètement, les demandes d’inscription sont passées de 1,1 million en 2020 à 1,6 million en 2021 – ce qui, selon la Caisse des Dépôts, indique une progression de la notoriété du dispositif auprès du grand public.

Autre évolution notable : les cadres ne sont plus les seuls à vouloir se former. Environ 45 % des dossiers validés ces six derniers mois ont été déposés par des employés, ouvriers ou professions intermédiaires (11 % par des cadres et 36 % par des demandeurs d’emploi). Les titulaires d’un CAP, BEP ou qui ont un niveau d’étude inférieur représentent 19 % des utilisateurs (21 % sont de niveau bac et 60 % de niveau supérieur au bac). Reste à vérifier si le contenu des formations correspond à une réelle montée en compétences.

Une hausse du CPF à questionner

À propos de l'auteur

Marie-Nadine Eltchaninoff
Journaliste

« On constate une augmentation de l’achat de formation mais ce n’est pas parce que l’on se forme que l’on consolide son parcours professionnel, nuance Yvan Ricordeau, secrétaire national chargé du dossier de la formation professionnelle. Parallèlement à cette hausse du CPF, on pourrait voir en creux un désinvestissement du développement des compétences de la part des entreprises. C’est précisément ce que nous essayons de cerner dans le cadre de ces travaux, avec l’objectif de renforcer le dialogue social autour du développement des compétences. »