Suite à un problème technique, il est actuellement impossible d’accéder à l'espace abonné du site et nous vous prions de nous en excuser. Nos équipes techniques mettent tout en œuvre pour y remédier au plus vite.

Le “sans filtre” à l’épreuve des faits

iconeExtrait de l’hebdo n°3764

Par Philippe Portier— Publié le 09/02/2021 à 13h00

Philippe Portier, secrétaire national de la CFDT
Philippe Portier, secrétaire national de la CFDT© Virginie de Galzain

Ce 10 février devrait être adopté en Conseil des ministres le projet de loi climat et résilience pour ensuite faire l’objet de débats au Parlement. Cette loi doit traduire les propositions d’ordre législatif parmi les 146 issues des 150 citoyens de la Convention citoyenne pour le climat. Or si l’objectif de cette convention était d’atteindre une réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990, une étude d’impact récemment publiée montre que le projet de loi ne permettrait d’aboutir qu’à la moitié de cet objectif.

Alors que le président de la République s’était engagé à une traduction « sans filtre » des propositions, les « ajustements » voire des « omissions » concernant les propositions votées le 21 juin 2020 sont bien présents. Sans remettre en cause la qualité des travaux de la convention, l’atteinte des objectifs fixés doit faire l’objet d’une mise en œuvre démocratique associant les parties prenantes aux modalités précises, au suivi et à l’évaluation.

Et c’est là que le bât blesse ! Les consultations relatives au projet de loi ont été expédiées en deux temps trois mouvements, et le texte reste muet sur l’accompagnement des salariés impactés par telle ou telle mesure.

À propos de l'auteur

Philippe Portier
secrétaire national de la CFDT

On voit là la limite de l’exercice qui consisterait à associer des citoyens, d’un côté en ignorant les corps intermédiaires, notamment les partenaires sociaux, les ONG et les associations de l’autre. Cette étape est pourtant indispensable pour conjuguer transition écologique et justice sociale. Et faire de la transition écologique un sujet de dialogue social en associant systématiquement les CSE, comme le prévoit le projet de loi. Veillons à ne pas l’oublier.