Les visages de la jeunesse précaire

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iconeExtrait de l’hebdo n°3763

Par Inès Minin— Publié le 02/02/2021 à 13h00

Inès Minin, secrétaire nationale de la CFDT
Inès Minin, secrétaire nationale de la CFDT© Virginie de Galzain

À propos de l'auteur

Inès Minin
secrétaire nationale de la CFDT

Les images de centaines d’étudiants dans les files d’attente des banques alimentaires sont choquantes. Elles constituent un nouveau signal de détresse envoyé par une jeunesse financièrement étranglée par la crise sanitaire et nous rappellent que les visages de la jeunesse précaire sont multiples. Car les chiffres sont dramatiques : un jeune âgé de 18 à 25 ans sur cinq vit sous le seuil de pauvreté.

Après en avoir fait la cible prioritaire de son plan pauvreté et le premier axe de son plan de relance, les pouvoirs publics ont aujourd’hui une obligation morale vis-à-vis de la jeunesse. Les aides exceptionnelles débloquées depuis le printemps dernier ont été une bouée de sauvetage pour beaucoup, mais elles ne suffiront pas. Une politique de la jeunesse ne peut se penser ou se construire au prisme des crises.

La CFDT demande depuis des années l’extension du RSA dès 18 ans, ou la création d’un véritable filet de sécurité pour les jeunes qui se retrouvent sans rien. La refuser par opposition dogmatique avait déjà quelque chose d’incompréhensible avant que ne frappe le coronavirus. Continuer à laisser des jeunes au bord de la route serait une faute dans la période que nous traversons. Les jeunes qui peinent à se sentir acteurs de la démocratie, parce que l’on ne les associe pas suffisamment, ne nous pardonneront pas notre incapacité à mieux les accompagner dans leur insertion et leur accès à l’autonomie.