Loi climat et résilience : donnons des moyens à l’entreprise

iconeExtrait de l’hebdo n°3769

Par Philippe Portier— Publié le 16/03/2021 à 13h19

Philippe Portier, secrétaire national de la CFDT
Philippe Portier, secrétaire national de la CFDT© Virginie de Galzain

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Philippe Portier
secrétaire national de la CFDT

Pousser, encore et toujours. Comme nous l’avons déjà dit, le projet de loi actuel n’est pas à la hauteur. À la veille du débat en séance publique, il nous faut faire pression sur les parlementaires afin qu’ils améliorent sensiblement ce texte nettement en retrait par rapport aux propositions de la Convention citoyenne pour le climat. C’est ce message que nous porterons de nouveau le 28 mars lors des marches organisées pour « une vraie loi climat ».

La transition écologique doit devenir un élément incontournable du dialogue social, c’est pourquoi nous avons porté des amendements visant à donner les moyens nécessaires à l’entreprise, et plus particulièrement au comité social et économique (CSE). Faire des questions environnementales un sujet à part entière du dialogue social est crucial pour aborder transition écologique et justice sociale. Si nous voulons conduire cette transition écologique en préservant l’emploi, le maître mot est anticipation.

C’est en abordant la transition à laquelle l’entreprise doit répondre dans le cadre des consultations stratégiques et des conséquences sociales qui en découlent que l’on trouvera les marges de manœuvre indispensables. C’est en négociant une gestion de l’emploi et des parcours professionnels que l’on saura adapter les compétences, reconvertir les activités, former les salariés à l’évolution de leur métier.

Mais pour que tout cela soit efficace, il faut que les représentant des salariés en aient les moyens. Des moyens en matière de formation, d’heures de délégation, de recours à l’expertise…

La transition écologique constitue une opportunité pour que les entreprises prennent un avantage compétitif sur leurs concurrents en proposant une « qualité environnementale ». Seul cet axe est porteur d’avenir, et il ne faut pas céder à la tentation d’une partie des acteurs de retarder ce changement.

Une fois la loi adoptée, nous verrons, à l’épreuve des faits, si les entreprises jouent le jeu et relèvent le défi de la transition écologique.