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Naissance d’une section à l’Agence de développement pour la Normandie

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iconeExtrait de l’hebdo n°3760

La Fédération Interco et la CFDT-Cadres aident des militants de la fonction publique territoriale à organiser le dialogue social dans leur établissement du Calvados.

Par Claire Nillus— Publié le 14/01/2021 à 11h20 et mis à jour le 20/01/2021 à 14h43

De g. à dr. : Laurent Dumanche, CFDT-Cadres ; Delphine Christian, membre de la section CFDT de l’ADN ; Laurent Perrin, secrétaire général ; Aparajita
Sen, secrétaire adjointe ; Stéphane Sochon, secrétaire général d’Interco 14.
De g. à dr. : Laurent Dumanche, CFDT-Cadres ; Delphine Christian, membre de la section CFDT de l’ADN ; Laurent Perrin, secrétaire général ; Aparajita Sen, secrétaire adjointe ; Stéphane Sochon, secrétaire général d’Interco 14.© Syndheb

En septembre 2020, la CFDT avait organisé l’opération #Réponsesàemporter en vue de rencontrer les travailleurs qui subissent de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire. Pendant trois jours, elle leur avait donné rendez-vous dans 500 points de rencontre à travers toute la France. « C’est lors de ces journées que j’ai fait la connaissance de Delphine Christian et de Laurent Perrin à Caen. Ensemble, avec le Syndicat Interco du Calvados, nous avons créé la section CFDT de l’Agence de développement pour la Normandie », explique Laurent Dumanche, secrétaire national à la CFDT-Cadres chargé de la fonction publique. « Ils sont venus sur le stand me confier les difficultés rencontrées avec leur direction. Je leur ai alors proposé un accompagnement commun avec Stéphane Sochon, le secrétaire général du Syndicat Interco du Calvados. Latente depuis un moment, leur idée de monter une section CFDT s’est concrétisée à la suite de cet échange. »

Mettre fin à des procédures inacceptables

L’Agence de développement pour la Normandie (ADN) est le guichet d’entrée en matière de développement économique et de soutien aux entreprises normandes. Créée par la Région en 2016, elle résulte de la fusion des deux agences qui existaient avant la loi NOTRe en Haute- et Basse-Normandie, et regroupe 55 agents, majoritairement des cadres A et A+ de la fonction publique territoriale.

À l’issue du premier confinement, Delphine et Laurent, chargés d’animer un réseau d’entreprises, se sont retrouvés sur un siège éjectable. « On nous a dit que notre service (composé de sept agents) ne pouvait plus fonctionner “en présentiel” et qu’il devait disparaître. » Un comble, puisque ce service permet de faciliter les échanges concernant les difficultés et les bonnes pratiques des industriels de la région dans le cadre du plan de relance ! Bien qu’ils aient proposé, dès le mois d’avril 2020, des solutions permettant de poursuivre leur activité à distance, Delphine et Laurent ont reçu chacun une lettre de rupture conventionnelle. « En cas de non-acceptation, prévient la direction, vous serez licenciés. » C’est avec le soutien de Stéphane Sochon, qui l’a conseillée et assistée pendant les semaines qui ont suivi, que Delphine a finalement obtenu son reclassement sur un autre poste. Et c’est Laurent Dumanche qui a aidé Laurent Perrin à négocier de nouvelles fonctions dans un autre service.

Malgré ces pénibles circonstances, le travail s’est engagé en parallèle afin de monter la section avec Delphine et Laurent, rapidement rejoints par Aparajita Sen. Aujourd'hui secrétaire adjointe de la section, cette chargée de mission au service international, et adhérente CFDT depuis 2005, est abasourdie par les méthodes de leur direction : « Les gens se taisent mais il y a beaucoup de souffrance. Les CT [comités techniques] traitent des problèmes collectifs mais n’abordent pas les cas particuliers. Grâce à la section, nous allons pouvoir les prendre en compte. » Même objectif pour Delphine et Laurent : « Nous étions personnellement en conflit avec la direction mais nous voulons que notre engagement serve à tous les agents qui rencontrent les mêmes problèmes. » À la fin novembre, la section est officiellement créée, et Laurent Perrin en devient le secrétaire.

Améliorer le fonctionnement collectif

Former les militants et la direction au dialogue social dans un établissement où il n’y en a pas, c’est donc le défi que Laurent et Stéphane vont relever. « Il faut mettre de l’ordre dans les pratiques. Par exemple, faire comprendre au directeur qu’il doit tenir compte des disponibilités du responsable de la section en fixant les dates du comité technique. Les deux derniers CT ont été organisés sans lui. Donc, on part de zéro… mais on va les coacher ! », assure Stéphane Sochon.

« Nous voulons que les agents sachent que nous sommes là afin de les protéger et d’instaurer un dialogue avec nos responsables »

À propos de l'auteur

Claire Nillus
Journaliste

La section devra également organiser sa communication : « Nous voulons que les agents sachent que nous sommes là afin de les protéger et d’instaurer un dialogue avec nos responsables », précisent les militants. Puis il va falloir accompagner la mise en œuvre du RIFSEEP (régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l’expertise et de l’engagement professionnel des agents). « Comment sont évalués les agents de l’ADN ? Nous avons déjà averti la direction que nous allions observer cela de très près », confie Laurent Perrin.

Développer ailleurs d’autres synergies de ce type

Cette expérimentation, Laurent essaye déjà de la dupliquer ailleurs. Dans le cadre de sa mission à la CFDT-Cadres, il souhaite faire bénéficier les fonctionnaires de l’expérience syndicale et professionnelle tirée des nombreux mandats syndicaux et postes qu’il a occupés au sein de la fonction publique territoriale. L’important, c’est pour lui de confronter ses idées à l’action syndicale de terrain ou, comme il se plaît à résumer, « savoir produire du revendicatif et mettre les mains dans le cambouis ». Avec en ligne de mire la syndicalisation des cadres et les élections professionnelles de 2022, ce type de synergie entre la CFDT-Cadres, la CFDT-Interco et d’autres établissements publics ne peut qu’être profitable. À suivre !