Nouvelle saignée pour l’emploi chez Vallourec abonné

Le leader mondial des tubes sans soudure pour l’exploitation pétrolière et gazière, en graves difficultés financières, vient d’annoncer un plan social d’envergure. Il prévoit la suppression de 1 000 emplois dans le monde (sur 18 000) dont 350 en France (sur 3 000). L’usine de Déville-lès-Rouen, en Seine Maritime, qui emploie 190 salariés, devrait fermer en juin prochain. La CFDT ne compte pas en rester là et monte au créneau, en intersyndicale.

Par Emmanuelle Pirat— Publié le 20/11/2020 à 16h29 et mis à jour le 22/12/2020 à 17h22

On ne peut pas dire qu’ils ne s’y attendaient pas. Déjà en septembre dernier, les représentants du personnel avaient lancé un droit d’alerte et mandaté le cabinet Sécafi pour étudier la situation économique de Vallourec, le leader mondial des tubes sans soudure pour l’exploitation pétrolière et gazière. Mais tout de même, l’annonce a fait l’effet d’un « coup de massue » : mercredi 18 novembre au soir, le groupe annonçait son intention de supprimer 1 000 emplois dans le monde (sur les 18 000) dont 350 en France. Ainsi que la fermeture de l’usine de traitement thermique de Deville-Lès-Rouen, qui compte 190 salariés, prévue pour juin 2021. Un coup très dur pour ce site, qui avait déjà fait l’objet d’un plan social en 2016, avait vu fermer son laminoir et partir 188 salariés. 

La faute au Covid ?

La crise du Covid a bien entendu joué un rôle dans les difficultés du groupe, dépendant à 80% des activités liées aux marchés du pétrole et du gaz. Du fait de la baisse de la consommation de pétrole (mise à l’arrêt du secteur aérien…) et de la chute des cours, les compagnies pétrolières ont dû suspendre leurs projets d’investissements. Mais cette crise n’a surtout fait qu’amplifier une situation déjà fragile, Vallourec ayant été très durement éprouvé par deux crises successives en 2008 et 2014.

Choix stratégiques contestables

« Nous payons aussi les conséquences de choix stratégiques du groupe, qui s’est évertué à concentrer nos débouchés uniquement dans le tout pétrole », dénonce Guillaume Wolf, DSC CFDT du groupe Vallourec. Pourtant le groupe a des perspectives dans la transition écologique. Comme par exemple l’hydrogène ou la capture du carbone, où Vallourec peut faire valoir ses technologies (tubes de grand diamètre pour transporter l’hydrogène). « En fermant Deville-lès Rouen, on se prive…

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