Pacte du pouvoir de vivre : Faire vivre le dialogue social et sociétal dans les territoires abonné

• Six mois après son lancement, le Pacte du pouvoir de vivre s’est solidement installé dans le paysage politique et médiatique. Il compte aujourd’hui 50 organisations.
• La dynamique territoriale est enclenchée. Le tour de France du pacte, lancé ces jours-ci, doit permettre de l’amplifier.

Par Anne-Sophie Balle— Publié le 16/10/2019 à 07h50 et mis à jour le 14/01/2021 à 13h59

Né de l’expression de multiples malaises, le Pacte du pouvoir de vivre, lancé le 5 mars par 19 organisations, trace sa route. Celle d’un projet de société qui n’opposerait pas transition écologique et justice sociale, qui prendrait en compte les enjeux sociaux, environnementaux et économiques sans avoir à faire de choix. Au fil des mois, ses acteurs – qu’ils soient issus du monde syndical, associatif ou mutualiste – sont parvenus à « instaurer un rapport de force face à un gouvernement qui peine à entendre et surtout à écouter la société civile organisée », résume Marylise Léon, secrétaire générale adjointe de la CFDT.


Pour un véritable budget du pouvoir de vivre

Alors que débute l’examen du budget à l’Assemblée, les signataires du pacte ont fourni une contribution de 30 mesures écologiques et sociales qu’ils souhaitent voir intégrées au projet de loi de finances 2020. « C’est pour avoir été injuste, peu lisible et sans grande ambition que le budget 2019 est venu allumer l’étincelle sociale […]. Notre pays doit tirer les leçons de cette expérience », écrivent en préambule les organisations qui appellent à la construction d’un budget compatible avec les accords de Paris sur le climat et avec les objectifs de réduction des inégalités sociales. Dans le détail, ces 30 propositions (toutes issues du pacte) sont regroupées en une dizaine d’actions possibles, comme la mise en place d’un plan Marshall pour des logements dignes, l’instauration d’une fiscalité écologique socialement juste ou la réduction de la fracture territoriale. « Nous demandons à être reçus par les ministres des Finances et des Comptes publics, car c’est bien sur les actes que nous pourrons apprécier la sincérité du propos de l’exécutif sur le changement de méthode », rappelle la CFDT.

Dates du tour de France

27 novembre : Liévin avec Christophe Robert (Fondation Abbé Pierre), Yvan Ricordeau et Cécile Duflot (Oxfam France) ; Bordeaux avec Laurent Berger,Véronique Fayet (Secours catholique) et Samuel Léré (FNH).

3 décembre : Nancy avec Laurent Berger, Isabelle Bouyer (ATD Quart Monde) et Orlane François (Fage).

11 décembre 2019 : Nantes avec Thierry Beaudet (la Mutualité française), Isabelle Mercier (CFDT Pays de la Loire) et Christophe Robert.

9 janvier 2020 : Dijon avec Laurent Berger, Thierry Beaudet (Mutualité française),  Christophe Robert et le Réseau action climat.

5 février : Villeurbanne avec Laurent Berger, Nicolas Hulot (FNH) et Christophe Robert.

6 février : Aix-en-Provence avec Claire Hédon (ATD Quart Monde) et Frédéric Sève.

À la fin août, un premier pas est franchi. Le Premier ministre reçoit les initiateurs du pacte venus présenter huit mesures d’urgence, parmi lesquelles on retrouve l’interdiction de la location de logements indignes et de passoires énergétiques, l’évaluation de l’impact de toute nouvelle loi sur les 10 % les plus pauvres ou la revalorisation des minima sociaux au même rythme que les revenus du travail. Sans y répondre in extenso, le gouvernement propose un calendrier de travail associant ministres et partenaires du pacte sur cinq grandes thématiques. « La CFDT est présente dans chacune d’elles et pilote celle sur les Maisons France Services. Notre objectif, c’est de peser sur les choix du gouvernement et d’aboutir à des engagements », poursuit Marylise Léon.

Une phase d’appropriation

Mais le national n’est pas tout. « Plusieurs propositions, déclinables localement, s’adressent aux élus locaux et à tous les autres décideurs »,…

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