Réforme des retraites : La balle est dans le camp du gouvernement abonné

• Une semaine après la présentation du projet gouvernemental, la mobilisation du 17 décembre est un succès.
• La CFDT exige le retrait de toute mesure d’âge pour sortir de cette crise.
• À défaut de réponse, d’autres mobilisations auront lieu en janvier.

Par Jérôme Citron— Publié le 19/12/2019 à 08h00 et mis à jour le 18/01/2021 à 20h24

Plus de 650 000 manifestants dans une quarantaine de cortèges partout en France. La journée de mobilisation du 17 décembre a été un succès et un message clair adressé au gouvernement. Le projet présenté par le Premier ministre le 11 décembre doit évoluer s’il veut avoir une chance de convaincre les Français. En annonçant une mesure d’âge dès 2022, le gouvernement a sciemment ignoré les positions des organisations syndicales réformistes favorables à la création d’un système de retraite universel, conduisant logiquement la CFDT, la CFTC, l’Unsa et la Fage (premier syndicat étudiant de France) à se mobiliser à leur tour.

Des discussions à reprendre


Âge d’équilibre… de quoi parle-t-on exactement ?

Le projet présenté le 11 décembre prévoit qu’à compter du 1er janvier 2022 un âge d’équilibre se mette progressivement en place. À cette date, il serait de 62 ans et 4 mois, puis augmenterait de 4 mois par an pour atteindre 64 ans en 2027. Les salariés qui décideraient de partir avant ou après cette date auraient un malus ou un bonus de 5 % par année (de plus ou de moins). Très flou, le projet ne précise pas si cette mesure s’appliquerait sans tenir compte du nombre de trimestres nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein. Autrement dit, une personne devant partir à 65 ans pour avoir une retraite à taux plein aura-t-elle le droit à un bonus ? Maigre ouverture, le gouvernement laisse la possibilité à la « nouvelle gouvernance du système », donc aux partenaires sociaux, de modifier ces règles s’ils parviennent à un accord qui garantit l’équilibre financier du système selon des conditions drastiques, donc impossible en l’état.

La contestation du projet s’est ainsi généralisée, même si les organisations syndicales sont loin de partager le même point de vue. La CGT, FO et Sud demandent le retrait de l’ensemble de la réforme et ne veulent pas entendre parler de système universel ou de points tandis que la CFDT refuse de condamner l’ensemble du projet. Favorable à la mise en place d’un système unique, elle est prête à reprendre les discussions si le gouvernement retire sa mesure sur l’âge pivot (

Particulièrement pénalisant, cet âge d’équilibre fixé à 64 ans contraindrait nombre de personnes ayant commencé à travailler tôt et qui ont eu les métiers les plus difficiles à différer leur départ à la retraite alors même qu’ils pouvaient justifier d’un nombre suffisant de trimestres pour faire valoir leur droit à pension dès 62 ans. « C’est une mesure injuste qu’il faut retirer sans délai. Il n’y a pas de négociation possible sur ce sujet. Ce choix purement budgétaire, s’il était maintenu, mettrait en péril toute la réforme », a réaffirmé Laurent Berger en répondant au gouvernement, qui affirme que la mesure peut être discutée tout en refusant de la retirer.

« La CFDT a toujours su faire preuve de responsabilité en matière d’équilibre des régimes de retraite, a rappelé le secrétaire général. Dans le projet présenté par le Premier ministre, il est prévu que les partenaires sociaux aient la responsabilité de la gouvernance. C’est dans ce…

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