Retour sur un an de mobilisation des routiers

temps de lectureTemps de lecture 5 min

iconeExtrait de l’hebdo n°3763

Les salariés du transport routier connaissent depuis le début de la crise sanitaire des conditions de travail plus difficiles qu’à l’accoutumée. Reçue en intersyndicale au ministère des Transports le 26 janvier, l’Union fédérale route CFDT s’est déclarée satisfaite des avancées obtenues à l’issue de la réunion. Mais reste mobilisée pour améliorer l’attractivité d’un secteur essentiel, qui peine de plus en plus à recruter.

Par Claire Nillus— Publié le 29/01/2021 à 07h23 et mis à jour le 29/01/2021 à 07h55

Pour parler des difficultés rencontrées par les conducteurs pendant la pandémie, le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a été invité fin novembre dans un restaurant routier à Cuvilly (Oise) par des militants de l’UFR des Hauts-de-France.
Pour parler des difficultés rencontrées par les conducteurs pendant la pandémie, le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a été invité fin novembre dans un restaurant routier à Cuvilly (Oise) par des militants de l’UFR des Hauts-de-France.© DR

Au final, la mobilisation prévue le 1er février n’aura pas lieu : in extremis, le dialogue social a permis de faire baisser la tension. Dans son communiqué de presse du 27 janvier, Jean-Baptiste Djebbari a d’ailleurs tenu à saluer « le rôle des organisations syndicales de salariés représentatives qui ont su, dans un dialogue constructif avec les pouvoirs publics, faire avancer les préoccupations des salariés du secteur ».

Et leurs préoccupations sont nombreuses. En tête de liste, la CFDT réclamait un accès au vaccin pour les ambulanciers – très exposés au virus, au même titre que les autres personnels de santé. Les ambulanciers de plus de 50 ans ou présentant des comorbidités (et donc un risque de développer une forme grave de la Covid-19) sont désormais sur la liste des personnes à vacciner en priorité.

Des lieux pour se restaurer et se laver

En période hivernale, l’ouverture de certains restaurants aux professionnels du transport routier doit perdurer malgré le renforcement des normes sanitaires.

« Pas question que les salariés n’aient droit qu’à un repas froid pris dans leur camion !, répète Patrick Blaise, le secrétaire général de l’Union fédérale Route CFDT. Les organisations syndicales vont poursuivre les travaux engagés en signalant les territoires où l’offre serait insuffisante et, le cas échéant, proposer des établissements susceptibles de compléter le maillage existant. »

Nouvelles frontières avec le Royaume-Uni

Entre la mise en œuvre du Brexit et les mesures sanitaires aux frontières, les conducteurs vivent, là encore, une période difficile : tests, longue attente, isolement en cas de résultat positif.

« Le ministre a indiqué son engagement personnel avec son homologue britannique pour que les conditions d’attente fassent l’objet d’une attention particulière dans les discussions avec les autorités britanniques en vue de répondre aux besoins des conducteurs. »

Patrick Blaise, secrétaire général de l’Union fédérale Route CFDT

« Le ministre a indiqué son engagement personnel avec son homologue britannique pour que les conditions d’attente fassent l’objet d’une attention particulière dans les discussions avec les autorités britanniques en vue de répondre aux besoins des conducteurs », indique Patrick Blaise.

La négociation sur les retraites est repoussée

Parmi les mesures importantes obtenues cette semaine, le ministère a enfin confirmé le maintien pour deux années supplémentaires du congé de fin d’activité (CFA), un dispositif conventionnel qui permet aux conducteurs de partir en retraite anticipée. La pérennité du CFA (financé à 50 % par l’État et 50 % par les cotisations patronales et salariales) était menacée, notamment pour des raisons juridiques et fiscales. Les discussions ayant été ajournées à cause de la crise sanitaire, le ministre leur a garanti le maintien du financement jusqu’en 2022… histoire de donner du temps aux discussions dans la branche.

Les tensions d’avant la crise se confirment

Reste les problématiques structurelles. Car le secteur souffre depuis quelques années d’un sévère manque d’attractivité : d’après la CFDT-Route, 10 000 postes de chauffeurs seraient à pourvoir. En cause, le dumping social et le manque de contrôle quand il s’agit de faire respecter les règles de cabotage dans l’Union européenne, des salaires trop bas qui ne permettent pas de faire la promotion du métier auprès des jeunes, le retard pris dans la mise en place d’un treizième mois conventionnel, etc.

Un nouveau rendez-vous avec le ministère sera pris d’ici à deux semaines afin de faire un point d’étape sur tous ces sujets, lesquels sont également en discussion avec la ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion dans le cadre de la reconnaissance des travailleurs de deuxième ligne.