Une partie de la jeunesse décroche

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iconeExtrait de l’hebdo n°3772

Le nombre de jeunes décrocheurs est en nette hausse en 2020. Un progrès continu de cinq années est ainsi anéanti par la crise de la Covid.

Par Marie-Nadine Eltchaninoff— Publié le 31/03/2021 à 16h36 et mis à jour le 31/03/2021 à 16h37

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Les effets destructeurs de la crise sur la situation des jeunes les plus vulnérables commencent à se lire dans les statistiques. Selon l’Insee, la part de jeunes qui ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation (Neet, pour Not in Education, Employment or Training) parmi les 15-29 ans est passée de 12,4 % en 2019 à 13,5 % en 2020. Ce taux a bondi de plus d’un point alors qu’il avait diminué de façon continue et régulière ces cinq dernières années – de 14,1 % en 2015, il était donc passé à 12,4 % en 2019. En un an, 130 000 décrocheurs se seraient ajoutés au 1,5 million de jeunes Neet comptabilisés par l’Insee en 2019.

Cette population est sensible à la conjoncture, comme le montre l’Institut national de la statistique et des études économiques. Entre 2008 et 2009, à la suite de la crise financière, la part des Neet avait brutalement augmenté, passant de 13 % à 15 %. Il aura fallu attendre 2019 pour que cet écart se réduise.

Après 22 ans, nettement plus de décrocheuses

« S’ils partagent le fait de ne pas être en emploi, leur position sur le marché du travail peut être variée », précise l’Insee. Parmi eux, 47 % sont au chômage au sens du Bureau international du travail (BIT), 20 % sont inactifs et souhaitent travailler mais ne sont pas considérés comme demandeurs d’emploi et appartiennent au halo autour du chômage. Les 33 % restants sont inactifs et déclarent ne pas souhaiter travailler, invoquant des raisons de santé ou la garde d’enfants. Passé 22 ans, les femmes sont plus nombreuses que les hommes parmi les Neet (13,7 % contre 12,1 %).

À quand le RSA ouvert aux moins de 25 ans ?

À propos de l'auteur

Marie-Nadine Eltchaninoff
Journaliste

Ces premiers chiffres révèlent la sévérité de la crise et confirment l’urgence d’ouvrir le RSA aux jeunes de moins de 25 ans, comme le revendique la CFDT, ou de procéder à la généralisation de la Garantie jeunes, de manière à conjuguer soutien financier et accompagnement vers l’emploi. C’est le basculement d’une partie de la jeunesse dans la pauvreté qu’il faut empêcher.