Vaccination : la liste des travailleurs prioritaires a été allongée

iconeExtrait de l’hebdo n°3775

Les partenaires sociaux ont été consultés par le ministère du Travail le 20 avril en vue de définir une liste de professions du secteur privé prioritaires pour se faire vacciner dès le 24 avril. Près de 400 000 travailleurs sont concernés.

Par Claire Nillus— Publié le 21/04/2021 à 16h06

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© Guillaume Souvant/Pool-RÉA

C’était une des revendications de la CFDT : les travailleurs de « deuxième ligne », dont les intérimaires et les indépendants, exposés au virus parce qu’ils sont en contact avec du public ou parce qu’ils ne peuvent pas télétravailler vont bénéficier de créneaux dédiés afin de se faire vacciner dès ce samedi 24 avril.

Trois nouveaux critères (non cumulatifs) ont été retenus : exercer en milieu clos, avoir une activité qui rend difficile le respect des gestes barrières ou exercer une profession identifiée à risque par l’étude de l’Institut Pasteur publiée en mars 2021. Ces annonces complètent celles qui ont précédé en vue de faciliter l’accès à la vaccination des enseignants, des forces de l’ordre ou encore des assistantes maternelles.

Dix-sept familles de métiers prioritaires

La liste diffusée par le ministère comprend les conducteurs de bus, de ferry et de navette fluviale, les livreurs, les routiers, les chauffeurs de taxi et VTC, les contrôleurs des transports publics, les agents de nettoyage, de ramassage de déchets et de centres de tri des déchets, les agents de gardiennage et de sécurité, les caissières, employés de libre-service et vendeurs de produits alimentaires, les professionnels des pompes funèbres, les salariés des abattoirs. Ces professionnels – toujours sur la base du volontariat – devront se rendre dans les centres de vaccination des agences régionales de santé (ARS) munis d’un justificatif : une déclaration sur l’honneur ou un bulletin de salaire pour les salariés, une déclaration sur l’honneur ou une carte professionnelle pour les travailleurs indépendants (les chauffeurs de VTC, par exemple).

Cette campagne de vaccination doit se dérouler pendant deux semaines au moins, week-end compris, et évoluera selon la stratégie nationale décidée dans les prochains jours. C’est le sérum AstraZeneca qui sera proposé, comme pour les personnes de la tranche d’âge 55-59 ans.

« Les professionnels concernés pourront bien entendu aussi continuer à se faire vacciner par les services de santé au travail ou en ville par les médecins ou les pharmaciens, comme l’ensemble des salariés de plus de 55 ans qui le souhaitent, au-delà des créneaux qui leur sont dédiés dans les centres de vaccination », précise le ministère du Travail.

La CFDT, elle, voit plus grand

Pour la CFDT, ce sont tous les travailleurs de « deuxième ligne » sans limite d’âge qui devraient pouvoir bénéficier de ces mesures, soit près de 4,6 millions de personnes. Mais le manque de doses et la suspicion vis-à-vis du vaccin AstraZeneca ne facilitent pas les choses. Et bien que les employeurs soient encouragés par le ministère à promouvoir la vaccination, ils n’ont pas reçu de consignes particulières, excepté celle de permettre un rendez-vous vaccinal pendant les heures de travail, pour organiser la vaccination en entreprise. Pourtant, il y a urgence.