Le rôle clé des syndicats

Le Syndicat CFDT de l’Hôtellerie-Tourisme-Restauration d’Île-de-France organise des permanences pour recevoir les salariés isolés. Ces derniers sont accueillis par un militant ou un avocat. Reportage.

Par La rédaction— Publié le 10/12/2020 à 08h10 et mis à jour le 14/01/2021 à 19h35

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La rédaction
Syndicalisme Hebdo

Ce mardi d’octobre, la permanence du Syndicat HTR (Hôtellerie-Tourisme-Restauration) d’Île- de-France fait le plein, comme d’habitude. Dans la journée, de vingt à trente salariés seront reçus par Nicolas Dosen, militant du syndicat, ou par Maître Tigrine, avocat. Autant d’histoires singulières qu’il faut savoir écouter et prendre en charge.

Aujourd’hui, Tino*, qui travaille dans une petite pizzeria à Paris, est à cran. Son employeur le stresse par des reproches et des « engueulades » répétés. Il lui a aussi envoyé un courrier lui intimant de travailler plus vite et de suivre une formation avec un pizzaïolo, qui a lui-même été formé par… Tino.

« Je vais vous préparer un premier courrier que vous lui enverrez répondant point par point aux accusations de lenteur, explique Maître Tigrine. Pour le reste, il faut garder votre calme, ne pas répondre aux provocations orales. Vous avez raison sur le fond, il faut aussi avoir raison sur la forme. »

C’est au tour d’Ahmed*, qui a signé un contrat de sécurisation professionnel (CSP) après le confinement mais ne touche pas son indemnité depuis le mois d’août, ni même les rappels dus des mois précédents. L’employeur a déjà reçu deux courriers rédigés à ce sujet. « Ils sont plusieurs dans ce cas dans cette entreprise, observe l’avocat. On pourra sûrement introduire tous les dossiers en même temps aux prud’hommes, ça aura d’autant plus de poids auprès des juges. »

Maryvonne*, cuisinière dans une TPE de huit salariés, s’étonne : son salaire a baissé depuis la reprise d’activité post-confinement. Après examen de ses bulletins de salaire, Me Tigrine observe qu’elle n’est plus payée que sur trente-cinq heures. Son contrat de travail stipule pourtant trente-neuf heures dont quatre supplémentaires. Un premier courrier rappellera à l’employeur son obligation de respecter le contrat de travail. « Au troisième courrier, on porte l’affaire au tribunal », affirme l’avocat.

* Les prénoms ont été changés.