EDF : front syndical commun contre le projet Hercule

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iconeExtrait de l’hebdo n°3761

Une fois n’est pas coutume, les quatre principales confédérations (CFDT, CGT, FO et CFE-CGC) pressent le chef de l’État de renoncer à la réorganisation programmée d’EDF.

Par Anne-Sophie Balle— Publié le 21/01/2021 à 11h19 et mis à jour le 21/01/2021 à 20h34

Bâtiment du siège social d’EDF à Paris la Défense
Bâtiment du siège social d’EDF à Paris la Défense© Laurent Grandguillot/RÉA

Hercule – le projet de scission de l’activité en trois entités « conçu sur des fondamentaux strictement financiers et conduisant de fait à la désintégration de l’entreprise » – concentre depuis plusieurs mois toutes les oppositions. Après trois journées de grève à la fin de 2020, massivement suivies par les salariés, les confédérations syndicales demandent dans un courrier adressé au président de la République « d’entendre et de mesurer cette forte mobilisation sociale [en ouvrant] un véritable dialogue avec les salariés qui ont jusqu’à présent été privés de tout débat public sur l’avenir de leur entreprise et de leurs emplois ». Et y annoncent d’ores et déjà une journée de mobilisation ce 19 janvier.

« Ce projet n’est pas une exigence de la Commission européenne. »

Les salariés d’EDF et leurs représentants

En face, l’exécutif n’a pas tardé à réagir. « Aujourd’hui, EDF va dans le mur si nous ne sommes pas capables de lui donner les moyens d’investir. Ma responsabilité est de donner à EDF les moyens de se développer et de rester l’une des plus grandes entreprises énergéticiennes de la planète », a déclaré le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire – renvoyant à l’adoption d’une « position définitive de la Commission européenne » la promesse d’un échange sur la situation avec les organisations syndicales.

Pour un débat public

À propos de l'auteur

Anne-Sophie Balle
Rédactrice en chef-adjointe de Syndicalisme Hebdo

Or, pour les salariés d’EDF comme pour leurs représentants, « ce projet n’est pas une exigence de la Commission européenne ». Ces dernières semaines, le sujet s’est également invité au Parlement à plusieurs reprises, donnant lieu à de vifs échanges. Une proposition de référendum d’initiative partagée (RIP) pourrait être prochainement déposée par l’opposition. « Puisque l’avenir énergétique du pays est intimement lié à celui d’EDF », les confédérations CFDT, CGT, FO et CFE-CGC en appellent à « un véritable débat social et démocratique sur l’avenir d’EDF et sa mobilisation au service des enjeux énergétiques et climatiques du pays ».