M.U.R.A.L.S “Croyez toujours en vos rêves”

En 2019, une première opération « ColorCité » avait déjà eu lieu et connu un beau succès concrétisé par cette fresque.
En 2019, une première opération « ColorCité » avait déjà eu lieu et connu un beau succès concrétisé par cette fresque.Patrick Gaillardin

iconeExtrait du magazine n°469

La cité Marcel-Paul (ex-Pagel) se dresse, décatie, à la pointe de L’Île-Saint-Denis (93), coincée entre Saint-Ouen et Gennevilliers. Ici vivent plusieurs centaines d’habitants dans quatre tours que le bailleur a, semble-t-il, oubliées.

Par Didier Blain— Publié le 20/01/2021 à 08h05 et mis à jour le 21/01/2021 à 08h45

Alors, plutôt que d’attendre des travaux, l’association M.U.R.A.L.S. (Mouvement urbain de réappropriation artistique local et social), animée par l’artiste Nawak, habitante du quartier, a pris les choses en main en proposant à toutes les bonnes volontés de réaliser des fresques participatives sur les façades des tours. Avec l’aide de bénévoles, d’artistes graffeurs et des habitants, soutenus par le « contrat de ville » pour l’achat de matériel et l’emploi des jeunes du quartier dans le cadre de chantier pédagogique, l’opération « ColorCité » a pu voir le jour du 21 au 24 octobre, après avoir été repoussée pour cause de Covid.

Pendant quatre jours, les familles accompagnées par les artistes se sont succédé au pied des tours afin d’y apposer leur « patte », leur trace, leurs espoirs, leurs colères. Cela s’est traduit par un mot, une phrase, un coup de pinceau ou de bombe, un portrait, un thé à la menthe, un gâteau, etc. Bref, du partage, un temps, pour embellir la vie dans un environnement qui a repris des couleurs.

Dès le mois de juin, l’artiste Nawak (debout) présente l’opération aux associations de L’Île-Saint-Denis souhaitant se joindre au projet, ainsi qu’aux jeunes motivés par le chantier pédagogique.
Dès le mois de juin, l’artiste Nawak (debout) présente l’opération aux associations de L’Île-Saint-Denis souhaitant se joindre au projet, ainsi qu’aux jeunes motivés par le chantier pédagogique.Patrick Gaillardin
La cité Pagel, un ensemble de quatre tours peu entretenues et éloignées du centre-ville.
La cité Pagel, un ensemble de quatre tours peu entretenues et éloignées du centre-ville.Patrick Gaillardin
Chaque jour de l’opération, une trentaine d’enfants, parfois accompagnés de leurs parents, participent aux ateliers dessin et peinture. « Ça donne confiance aux enfants de travailler avec des artistes », confie une mère de famille.
Chaque jour de l’opération, une trentaine d’enfants, parfois accompagnés de leurs parents, participent aux ateliers dessin et peinture. « Ça donne confiance aux enfants de travailler avec des artistes », confie une mère de famille.Patric Gaillardin
Des voisines venues spécialement pour l’occasion découvrent la peinture sur cellophane. « Le quartier s’habille de couleurs et de joie », estime l’une d’elles.
Des voisines venues spécialement pour l’occasion découvrent la peinture sur cellophane. « Le quartier s’habille de couleurs et de joie », estime l’une d’elles.Patrick Gaillardin
La petite Carmen, très concentrée, exprime ses talents d’artiste sur la toile.
La petite Carmen, très concentrée, exprime ses talents d’artiste sur la toile.Patrick Gaillardin
Sur ce mur, chacun y va de son expression écrite ou peinte, sur le thème de la justice. On y lit des messages de colère tels que : « J’aime pas quand c’est sale » ; ironiques : « J’aime pas les bonbons que l’épicier vend » ; sérieux : « Peut-on parler de justice dans un monde où les services judiciaires ne nous défendent pas » ; ou même d’espoir : « Croyez toujours en vos rêves malgré les injustices sociales », « Pagel représente toutes les couleurs du monde ! »
Sur ce mur, chacun y va de son expression écrite ou peinte, sur le thème de la justice. On y lit des messages de colère tels que : « J’aime pas quand c’est sale » ; ironiques : « J’aime pas les bonbons que l’épicier vend » ; sérieux : « Peut-on parler de justice dans un monde où les services judiciaires ne nous défendent pas » ; ou même d’espoir : « Croyez toujours en vos rêves malgré les injustices sociales », « Pagel représente toutes les couleurs du monde ! »Patrick Gaillardin
Crazé (sur la photo) et Jober esquissent la première fresque à la bombe sur les murs d’entrée de la cité. C’est décidé, deux personnages géants stylisés accueilleront 
les visiteurs.
Crazé (sur la photo) et Jober esquissent la première fresque à la bombe sur les murs d’entrée de la cité. C’est décidé, deux personnages géants stylisés accueilleront les visiteurs. Patrick Gaillardin
Nawak dessine les contours du portrait d’une habitante. Aïcha mettra ensuite elle-même son visage en couleur, comme une trentaine d’autres habitants, dont les portraits s’unissent pour former un poing levé.
Nawak dessine les contours du portrait d’une habitante. Aïcha mettra ensuite elle-même son visage en couleur, comme une trentaine d’autres habitants, dont les portraits s’unissent pour former un poing levé.Patrick Gaillardin
Aïcha met son visage en couleur, comme une trentaine d’autres habitants, dont les portraits s’unissent pour former un poing levé.
Aïcha met son visage en couleur, comme une trentaine d’autres habitants, dont les portraits s’unissent pour former un poing levé.Patrick Gaillardin
Namasté, artiste montreuillois (93), vient prêter son talent aux envies du quartier. Une promenade onirique entre Paris et la Seine-Saint-Denis mêlant cartographie, éveil sensoriel, chakras 
et motocross, en clin d’œil aux jeunes du quartier.
Namasté, artiste montreuillois (93), vient prêter son talent aux envies du quartier. Une promenade onirique entre Paris et la Seine-Saint-Denis mêlant cartographie, éveil sensoriel, chakras et motocross, en clin d’œil aux jeunes du quartier. Patrick Gaillardin
Un poing brandi multicolore, symbole de la résistance aux violences policières récurrentes. Un thème particulièrement sensible pour les participants. « L’été dernier, les flics 
ont gazé tout le monde sans distinction », affirme une habitante.
Un poing brandi multicolore, symbole de la résistance aux violences policières récurrentes. Un thème particulièrement sensible pour les participants. « L’été dernier, les flics ont gazé tout le monde sans distinction », affirme une habitante. Patrick Gaillardin
Les enfants nettoient leur matériel de peinture.
Les enfants nettoient leur matériel de peinture.Patrick Gaillardin
Jober termine sa fresque : un grand personnage qui « surveille » une des entrées de la cité.
Jober termine sa fresque : un grand personnage qui « surveille » une des entrées de la cité.Patrick Gaillardin