Pour les apprentis sans employeur, une solution doit être trouvée rapidement !

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iconeExtrait de l’hebdo n°3762

Les bons chiffres de l’apprentissage recouvrent des situations très diverses. Celle des 40 000 jeunes qui risquent aujourd’hui de devoir interrompre leur formation faute d’employeur doit être réglée de toute urgence.

Par Marie-Nadine Eltchaninoff— Publié le 25/01/2021 à 11h04

Jeune homme formé aux métiers de la construction et de l’habitat durable.
Jeune homme formé aux métiers de la construction et de l’habitat durable.© Stéphane Audras/RÉA

Près de 40 000 apprentis sont aujourd’hui dans une situation incertaine. Ils ont commencé leur apprentissage en centre de formation des apprentis (CFA) mais n’ont toujours pas trouvé d’entreprise d’accueil. Dans un premier temps, le gouvernement a décidé cet été de porter de trois à six mois le délai pendant lequel un jeune peut s’inscrire dans un CFA et y suivre les cours sans avoir signé de contrat avec un employeur. Une mesure prise en espérant un rebond de l’activité économique et des recrutements cet automne, perspective qui n’avait alors rien d’irréaliste.

Effet d’aubaine

Durant cette période, les CFA ont perçu 500 euros par mois au titre de la prise en charge des jeunes, soit 3 000 euros par apprenti…

« Vous avez des formations supérieures qui tout d’un coup se sont prises d’amour pour l’apprentissage, y compris un certain nombre qui ont 100 % d’apprentis sans contrat. »

Élisabeth Borne, ministre du Travail

De là à soupçonner un effet d’aubaine, il n’y a qu’un pas, franchi par la ministre du Travail elle-même : « Vous avez des formations supérieures qui tout d’un coup se sont prises d’amour pour l’apprentissage, y compris un certain nombre qui ont 100 % d’apprentis sans contrat », pointant notamment les écoles de commerce, lors d’un échange organisé par l’Association des journalistes de l’information sociale le 14 décembre 2020.

Le sas a pris fin

Or ce dispositif mis en place le 1er août dans le cadre du plan jeunes a pris fin le 31 décembre 2020. Le 4 janvier 2021, selon l’Opco EP (opérateur de compétences des entreprises de proximité), chargé de gérer les dossiers, près de 40 000 jeunes n’avaient pas encore trouvé d’employeur sur les 50 652 qui ont bénéficié du dispositif depuis le 1er août. Ceux qui ont intégré ce sas au tout début arrivent au terme de la période des six mois. À partir du 1er février, la question se pose donc du devenir de ces jeunes qui voient compromise la poursuite de leurs études.

Il est hors de question pour la CFDT de laisser ces jeunes sans solution. Plusieurs pistes sont à envisager selon les situations. Le ministère du Travail a évoqué deux hypothèses. La première : transmettre les données sur ces jeunes sans contrat aux Direccte, qui seraient ensuite chargées de les orienter vers les entreprises selon les besoins du territoire. La seconde : les jeunes arrivant au terme de la période des six mois pourraient se réorienter en lycée professionnel, en fonction des places disponibles.

Une responsabilité collective

Cette dernière solution n’est envisageable que pour les jeunes préparant un CEP, un BEP ou un bac pro. « Ces pistes ne tiennent pas compte du fait que 82 % des jeunes engagés dans le dispositif sont inscrits dans un cursus d’enseignement supérieur, souligne Michèle Perrin, secrétaire confédérale. Des réponses doivent être trouvées avec les universités, les IUT et les grandes écoles. » Aux employeurs, aussi, de faire preuve de responsabilité collective, tant dans l’entreprise privée que dans le secteur public.