Télétravail dans la fonction publique : que retenir de la première séance de négociation ?

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Le 20 mai s’est tenu le premier round de la négociation télétravail. Si toutes les thématiques balayées par l’accord de méthode sont bien présentes dans l’avant-projet d’accord remis aux organisations syndicales, la CFDT-Fonctions publiques reste prudente. Et peaufine son argumentaire en vue de la prochaine séance, le 8 juin. 

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 26/05/2021 à 07h02

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© Jean-Claude Moschetti/RÉA

1. Direction générale de l’administration et de la fonction publique.

« Si le canevas d’accord présenté nous convient, le texte et ses 16 articles doivent encore être très largement nourris », résumait Carole Chapelle à l'issue de la première séance de négociation. Plusieurs prérequis sont pour l’heure toujours absents du document transmis par la DGAFP1. L’Uffa-CFDT demande, par exemple, que soit inscrit noir sur blanc que « le télétravail répond aux principes du volontariat de l’agent, de l’éligibilité des activités et non des missions et de la réversibilité ».

De la même manière, il apparaît essentiel que l’éligibilité au télétravail soit déterminée par les activités exercées et non par les postes occupés. « Quels que soient leurs métiers et leurs missions, tous les agents publics peuvent avoir des activités éligibles au télétravail, ce qui nécessite une réflexion sur l’organisation du travail au plus près de la situation de travail », résume Carole Chapelle.

Dimension collective et formation à tous les niveaux

Également absente de cette ébauche d’accord, la dimension collective du télétravail (article 1). Dans le projet actuel, le télétravail se résume au seul échange entre le télétravailleur et son encadrant, regrette Carole Chapelle. De ce fait, le pendant à cette nouvelle organisation du travail, le volet formation (article 8), est lui aussi trop peu étayé, que ce soit dans le fonctionnement au quotidien (« Comment travailler avec un agent à distance ? Comment participe-t-il lui aussi aux tâches collectives ? ») ou dans le fonctionnement global du service (« Comment coordonner, animer, encadrer une équipe en distanciel, en présentiel, en mode mixte et/ou lorsque l’on est soi-même en télétravail ? »).

“Il est utile de sensibiliser les encadrants […] aux pratiques favorables au respect des temps […] : limitation des temps de réunion, pas de réunion débutant en fin de journée…”

Carole Chapelle, secrétaire générale adjointe de la CFDT-Fonctions publiques

À propos de l'auteur

Guillaume Lefèvre
Journaliste

Si le droit à la déconnexion (article 5) est explicité, la CFDT-Fonctions publiques souhaite aller plus loin. « Il est utile de sensibiliser les encadrants/cadres et l’ensemble de la communauté de travail aux pratiques favorables au respect des temps, en veillant à ce que ces mesures soient effectivement applicables : limitation des temps de réunion, pas de réunion débutant en fin de journée… » La CFDT-Fonctions publiques entend également veiller à ce que le télétravail dans les tiers-lieux soit organisé et encadré (article 3). Enfin, la question des coûts du télétravail (article 9) a, elle, directement été renvoyée à la deuxième séance de négociation, prévue le 8 juin prochain. « Il y a encore beaucoup à faire », résume Carole Chapelle. Une nouvelle mouture devrait être soumise aux organisations syndicales d’ici au 2 juin.