Une conférence de financement d’ici à la fin de l’année pour les “oubliés” du Ségur

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iconeExtrait de l’hebdo n°3781

Alors que s’achève la mission Laforcade, les avancées – significatives – obtenues par la CFDT sont encore loin de concerner l’ensemble des personnels soignants et accompagnants. Une conférence de financement doit se tenir d’ici à la fin de l’année pour les « oubliés », toujours mobilisés.

Par Guillaume Lefèvre— Publié le 04/06/2021 à 09h45

Michel Laforcade, ancien directeur de l’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine, a été chargé par le gouvernement de Jean Castex, en décembre 2020, d’une mission sur les métiers dits de l’autonomie.
Michel Laforcade, ancien directeur de l’Agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine, a été chargé par le gouvernement de Jean Castex, en décembre 2020, d’une mission sur les métiers dits de l’autonomie.© Sébastien Ortola/RÉA

Ségur de la santé, acte II. À la fin mai, les négociations menées dans le cadre de la mission Laforcade ont débouché sur deux accords d’extension de la revalorisation salariale mensuelle de 183 euros prévus par les accords du Ségur de la santé de juillet 2020 à 90 000 nouveaux soignants. Signés par la CFDT, ils concernent principalement des soignants qui travaillent auprès des personnes handicapées et dans les services de soins infirmiers à domicile : le premier s'adresse aux 71 000 professionnels issus d’établissements et de services sociaux et médico-sociaux financés par l’assurance maladie, qui bénéficieront du complément de traitement indiciaire à partir du 1er janvier 2022.

Le second accord, qui concerne les 18 500 soignants des établissements et services sociaux et médico-sociaux publics « autonomes » – c’est-à-dire non rattachés à un établissement de santé ou à un Ehpad – entrera lui en vigueur dès le 1er octobre 2021.

Une conférence multipartite

« La mission Laforcade n’a pas tout réglé, loin de là, réagit Ève Rescanières, secrétaire générale de la CFDT-Santé-Sociaux. Si nous avons posé un certain nombre de briques, le compte n’y est pas encore. Cette extension doit se poursuivre et nous permettre de travailler sur l’évolution de la rémunération des autres métiers et des établissements sociaux non concernés par ce protocole. »

De son côté, le Premier ministre a confirmé que « d’ici la fin de l’année 2021, [allait se tenir] une conférence multipartite conviant l’ensemble des financeurs […] pour prolonger les travaux sur l’ensemble du champ social et médico-social en vue de définir les priorités nécessaires à l’attractivité de ces métiers ». En attendant, la mise en place d’un groupe de travail paritaire doit définir, d’ici à la fin juin, les principes du rapprochement effectif des conventions collectives et chiffrer la revalorisation des métiers. « Un système de classification et de rémunération commun au secteur sanitaire, social et médico-social associatif doit permettre de garantir les mêmes droits pour un même travail », explique la Fédération Santé-Sociaux.

À travail égal, salaire égal

À propos de l'auteur

Guillaume Lefèvre
Journaliste

Parce qu’ils n’entendent pas relâcher la pression, les « oubliés », qu'ils soient agents publics ou salariés du privé, ont répondu à l’appel à la journée de mobilisation du 3 juin lancée par les fédérations Interco et Santé-Sociaux. Ils se sont rassemblés en nombre devant les conseils départementaux. « Nous demandons une véritable politique du handicap et de la protection de l’enfance, insiste Ève Rescanières. Et une reconnaissance salariale équivalente à celle du secteur sanitaire. » Même son de cloche du côté de la Fédération Interco : « Les mesures ne concernent pas la totalité de notre secteur, déplore Jacqueline Fiorentino, secrétaire fédérale. Nous souhaitons une réelle reconnaissance des métiers de l’accompagnement, quelle que soit la structure, sanitaire ou pas, dans laquelle ils s’exercent. »