Affaire Chéritel : le procureur demande la relaxe

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iconeExtrait de l’hebdo n°3770

Accusés de diffamation, trois militants CFDT ont été jugés le 18 mars par le tribunal correctionnel de Paris. La procureure qui a demandé pendant l'audience la relaxe, entre autres au nom de la liberté d’expression syndicale.

Par Jérôme Citron— Publié le 19/03/2021 à 08h13 et mis à jour le 20/05/2021 à 14h49

Marie-Jeanne, Jean-Luc et Yannick, trois militants CFDT injustement accusés de diffamation.
Marie-Jeanne, Jean-Luc et Yannick, trois militants CFDT injustement accusés de diffamation.© DR

[Mise à jour du 20 mai 2021] Relaxe pour les trois militants CFDT !

Le tribunal judiciaire de Paris a relaxé les militants considérant qu’ils avaient fait leur travail de syndicalistes en participant à un débat d’intérêt général sur une base factuelle solide et sans animosité personnelle à l’égard du chef d'entreprise.

Pour Marie-Jeanne, Jean-Luc et Yannick, ce fut à la fois un moment éprouvant et un soulagement. Accusés de diffamation par Jean Chéritel, patron de l’entreprise de production, distribution et transformation de légumes Chéritel, pour avoir publié un tract sur Facebook dénonçant les conditions d’« esclavage moderne » dans lesquelles se trouvaient les travailleurs bulgares en Bretagne, ces militants au grand cœur se sont retrouvés devant les juges ce jeudi 18 mars. Un comble pour ces trois mousquetaires qui mènent un travail exemplaire depuis plus de dix ans afin d’aider les salariés étrangers à faire valoir leurs droits.

Le fruit d’un engagement syndical sincère

Face à un employeur qui les accusait d’avoir employé dans ce tract « un terme d’une violence inouïe » [celui d’« esclavage moderne »], les prévenus ont enfin pu s’expliquer par la voix de leurs avocats. Ce procès a en effet mis en lumière que ce tract, publié au moment où l’entreprise Chéritel allait affronter les juges au pénal (elle a été condamnée depuis en première instance ; l’affaire est à présent en appel), était le fruit d’un engagement syndical sincère. Qu’il s’agissait bien d’une dénonciation d’un système qui fait de ces travailleurs isolés et ne maîtrisant pas le français des personnes en grande fragilité et non d’une injure gratuite à l’encontre d’un homme. Une dénonciation qui relève donc bien du rôle et même du devoir, pourrait-on dire, des militants syndicaux.

En demandant la relaxe des prévenus, la procureure ne s’y est pas trompée. Verdict des juges le 20 mai prochain.